Le caractère progressif de l'embargo "nous rend indépendants et flexibles pour se tourner vers d'autres fournisseurs"

Brafco, la fédération belge des négociants en combustibles et carburants, voit d'un bon œil qu'un possible embargo européen sur le pétrole russe soit phasé dans le temps. Cela permettra d'avoir le temps de trouver des solutions de rechange et d'éviter une brusque flambée des prix.

La Libre Eco avec Belga
Concernant les prix, le marché belge est trop petit pour avoir une influence, poursuit Johan Mattart.
Concernant les prix, le marché belge est trop petit pour avoir une influence, poursuit Johan Mattart. ©BELGA

Il faut toutefois s'attendre à ce que les prix pétroliers restent élevés, selon le directeur général de Brafco, Johan Mattart. La Commission européenne a proposé mercredi un sixième train de sanctions visant la Russie et prévoyant notamment un embargo progressif sur le pétrole russe. "Nous renoncerons progressivement aux livraisons russes de pétrole brut dans les six mois et à celles de produits raffinés d'ici à la fin de l'année", a annoncé sa présidente, Ursula Von der Leyen.

Selon Johan Mattart, 180 000 barils de pétrole brut sont importés chaque jour par la Belgique depuis la Russie. "Mais heureusement, via des bateaux et non via un gazoduc directement depuis la Russie", souligne le directeur de Brafco. "Cela nous rend assez indépendants et flexibles pour nous tourner vers d'autres fournisseurs."

Environ un tiers du pétrole en Belgique provient de Russie, devant le Moyen-Orient (24 %), l'Europe (17 %) et l'Afrique. Le pétrole brut est raffiné dans deux raffineries situées dans le port d'Anvers : une appartenant à Total, l'autre à Esso. "Nous avons six mois pour dénicher d'autres sources. Cela doit permettre d'éviter les gros chocs", estime-t-on encore chez Brafco.

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Inflation du pétrole

Concernant les prix, le marché belge est trop petit pour avoir une influence, poursuit Johan Mattart. "La Chine joue ici un rôle important. Il y a maintenant les confinements pour ralentir le coronavirus et cela a une influence sur la demande de pétrole." Une forte reprise économique en Chine entraînerait une plus grande soif d'or noir et une hausse des cours du baril. Johan Mattart craint tout de même que les prix pétroliers resteront élevés tant qu'il sera question d'embargo sur le pétrole russe.

Enfin, à la Brafco, on ne constate pas de panique parmi les clients, qui ne cherchent pas encore à accumuler des stocks. Il faut dire que les prix sont actuellement très élevés et qu'avec l'été qui se profile, les Belges ne songent pas encore à remplir leur cuve.

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