Comment replacer la Belgique dans le top européen des pays prospères d'ici 2030 ? La FEB présente un plan d'action

Le plan du patronat pointe quatre défis prioritaires : la tendance au ralentissement de notre croissance économique, le vieillissement de notre population, le changement climatique et la tendance internationale à la démondialisation.

La Libre Eco avec Belga
Quatre grands domaines doivent, selon la FEB, connaître des évolutions importantes : la numérisation, le verdissement, le marché du travail et les pouvoirs publics.
Quatre grands domaines doivent, selon la FEB, connaître des évolutions importantes : la numérisation, le verdissement, le marché du travail et les pouvoirs publics. ©Shutterstock

La Fédération des entreprises de Belgique (FEB) a présenté jeudi son plan d'action pour remettre le pays dans le top européen des pays prospères d'ici 2030. Après avoir analysé quatre défis principaux, elle propose plusieurs points d'actions qui, elle espère, trouveront un certain écho auprès des autres partie prenantes. Le plan est l'aboutissement de 18 mois de travail des experts de la FEB et de ses fédérations sectorielles.

Il pointe quatre défis prioritaires : la tendance au ralentissement de notre croissance économique, le vieillissement de notre population, le changement climatique et la tendance internationale à la démondialisation, particulièrement risquée pour une "petite économie ouverte comme celle de la Belgique".

Quatre grands domaines doivent, selon la FEB, connaître des évolutions importantes : la numérisation, le verdissement, le marché du travail et les pouvoirs publics.

Les propositions de la Fédération s'inscrivent dans deux principes fondamentaux : celui de l'intégration européenne mais aussi celui des Objectifs de développement durable des Nations Unies.

80 % de taux d'emploi

Un des axes principaux sur lesquels la FEB souhaite voir du changement est le marché du travail. L'objectif est toujours d'avoir 80 % de taux d'emploi d'ici 2030. La Fédération propose notamment de travailler sur l'activation en limitant les allocations de chômage au niveau fédéral, à deux ans, après quoi le budget prévu serait transféré aux Régions qui pourront choisir elles-mêmes soit de l'investir dans une politique d'activation propre, soit de continuer à verser les allocations. La FEB souhaite également supprimer les systèmes de retraite anticipée pour les remplacer par la possibilité de prendre une retraite à temps partiel. Elle met aussi sur la table un système de bonus et malus sur les pensions en fonction du timing de l'arrêt de carrière.

Au niveau de la numérisation, elle préconise, entre autres, de revaloriser l'enseignement technique et professionnel "de toute urgence". Pour faciliter les contacts avec l'administration publique, il faudrait selon elle que chaque service public veille à ce que toutes les transactions et interactions, tant avec les citoyens qu'avec les entreprises, puissent se faire par voie numérique.

"Avec 'Horizon Belgique 2030', nous ne prêchons pas la révolution, nous ne voulons pas bouleverser le monde", affirme le CEO Pieter Timmermans. "Mais nous osons rêver, sans pour autant tomber dans l'irréalisme. (...) Il faut oser dire les choses comme elles sont: sans changement, le choc sera inévitablement brutal."

La FEB veut surtout "éviter ce qu'il s'est passé dans les années '70", selon son administrateur délégué. En pleine crise économique, "on a discuté pendant sept ans d'une réforme de l'Etat". L'objet de ce plan est de fixer les objectifs à atteindre d'abord, et d'inscrire la prochaine réforme de l'Etat dans ce cadre, et non l'inverse, a expliqué M. Timmermans.

"Ce n'est pas un plan à prendre ou à laisser. Ce sont des idées, que nous pensons réalisables pour remettre la Belgique en tête du peloton européen. On ouvre la discussion avec toutes les parties prenantes", conclut le président Bart De Smet

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