L'information écrite et gratuite disponible sur rtbf.be est une concurrence déloyale : "Dommageable pour la qualité et la diversité de l'information"

Une étude commanditée par La Presse.be conclut que le modèle de la RTBF, qui propose du contenu écrit et gratuit sur son site rtbf.be, est une concurrence déloyale.

L'information écrite et gratuite disponible sur rtbf.be est une concurrence déloyale : "Dommageable pour la qualité et la diversité de l'information"
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La Libre Eco avec Belga

L'offre gratuite et en continu d'informations écrites sur le site internet de la radio-télévision de service public RTBF représente une concurrence déloyale, et donc une menace pour la survie des éditeurs francophones de presse écrite en pleine transition numérique, conclut une étude universitaire commanditée par La Presse.be, l'association qui représente les éditeurs francophones belges.

Réalisée conjointement par trois professeurs d'économie de l'UCLouvain, de l'ULiège et de l'Université Saint-Louis, l'étude - qui revendique son indépendance scientifique - estime que cette offre d'informations écrites par la RTBF n'est économiquement pas viable et qu'elle n'est possible que grâce aux subsides qui lui sont octroyés pour ses missions de services publics.

Xavier Mathy, Alex Gautier, Paul Belleflamme, Bernard Marchant et Francois Le Hodey étaient présents lors de la conférence de presse.
Xavier Mathy, Alex Gautier, Paul Belleflamme, Bernard Marchant et Francois Le Hodey étaient présents lors de la conférence de presse. ©DEMOULIN BERNARD

"Cette offre subsidiée et gratuite (représente) un risque d'éviction de l'offre privée qui pourrait être dommageable tant pour la qualité que pour la diversité de l'information", pointe l'étude publiée au moment où le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles se penche sur le futur contrat de gestion de la RTBF (2023-2027).

Pour les universitaires, si l'autorité publique veut rétablir une égalité de traitement entre l'opérateur public et les éditeurs privés pour leurs contenus écrits en ligne, celle-ci n'a que deux options.

Soit insérer que l'offre écrite en ligne dans les missions de service public (et donc allouer aussi des subsides aux opérateurs privés qui font de l'info écrite en ligne). Soit exclure cette info écrite en ligne des missions de service public."Dans ce cas l'opérateur public doit adopter une démarche de marché pour son offre de contenu écrit en ligne", concluent les auteurs de l'étude, Paul Belflamme (UCL), Axel Gautier (ULiège) et Xavier Wauthy (USL).

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