Les prix de l'or noir en baisse, l'embargo sur le pétrole russe "une question de jours"

Les prix du pétrole brut ont clairement chuté cette semaine.

Les prix de l'or noir en baisse, l'embargo sur le pétrole russe "une question de jours"
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La Libre Eco avec Belga

Les prix du pétrole se stabilisaient mardi après les importantes pertes de la veille, les inquiétudes quant à la demande en or noir étant neutralisées par celles concernant l'offre, avec l'avancée des discussions concernant l'embargo européen sur le brut russe.

Vers 09H20 GMT (11H20 à Paris), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juillet perdait 0,39 % à 105,53 dollars. Le baril de West Texas Intermediate (WTI) américain pour livraison en juin baissait quant à lui de quelque 0,27 % à 102,80 dollars.

Les deux références du brut avaient dévissé lundi de plus de 6 %, emportées par les craintes d'un ralentissement de la demande chinoise dû à la flambée épidémique que connaît actuellement le pays.

"La politique radicale de zéro Covid de la Chine suscite des inquiétudes quant aux perspectives de la demande de la deuxième plus grande économie du monde", commente Victoria Scholar, analyste pour Interactive investor.

De plus, "la réduction notable par l'Arabie saoudite de ses prix de vente officiels pour les clients asiatiques a clairement été interprétée par certains acteurs du marché comme un signe de faiblesse de la demande de pétrole", fait valoir Carsten Fritsch, analyste chez Commerzbank.

Cependant, selon Tamas Varga, analyste chez PVM Energy, "le risque de sanctions et (de perturbations de) l'approvisionnement devrait l'emporter sur les préoccupations relatives à la demande". La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a fait état lundi de "progrès" après une rencontre avec le Premier ministre hongrois Viktor Orban autour de la "sécurité énergétique", alors que Budapest bloque un projet d'embargo de l'Union européenne sur le pétrole russe.

"Une question de jours"

Touetfois, un accord sur un projet d'embargo de l'Union européenne sur le pétrole russe, est possible "dans la semaine", a estimé mardi le secrétaire d'État français aux Affaires européennes, Clément Beaune. "Je pense qu'on peut avoir un accord dans la semaine, on y travaille d'arrache-pied. C'est sans doute une question de jours", a déclaré M. Beaune sur la chaîne LCI.

"On doit aller vite, et je le dis avec confiance: il y aura un sixième paquet de sanctions européennes, elles seront très puissantes et nous sortirons progressivement, avec un calendrier, d'abord du pétrole russe mais des hydrocarbures russes en général", a-t-il poursuivi.

Des contacts téléphoniques entre leaders européens, dont le président français Emmanuel Macron, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le président hongrois Viktor Orban auront lieu mardi, a-t-il précisé.

Mme von der Leyen avait fait lundi état de "progrès" après une rencontre avec M. Orban à Budapest.

Pays enclavé et dépendant de ses achats d'hydrocarbures à la Russie, la Hongrie demande à ses partenaires de l'UE des garanties sur ses approvisionnements énergétiques pour donner son accord à un sixième paquet de sanctions contre Moscou comprenant un arrêt des achats de pétrole russe.

"Il y a des portes de sortie autour des dérogations de deux natures : le délai pour certains pays objectivement en difficulté, parce que 100 % de leur approvisionnement en pétrole vient de la Russie, et puis des garanties d'approvisionnement alternatives. Ce sont les deux paramètres sur lesquels on travaille", a déclaré M. Beaune.

L'unanimité des Vingt-Sept est requise pour l'adoption des sanctions. Cinq paquets de sanctions ont déjà été adoptés contre la Russie depuis son invasion de l'Ukraine le 24 février.

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