"La hausse des prix nous étouffe, on n'en peut plus"

Plusieurs manifestations organisées par la FGTB et la CSC se déroulaient ce vendredi en Wallonie.

La Libre Eco avec Belga

Environ 3 500 personnes se sont rendues dans les rues de Liège, vendredi matin, pour manifester en faveur du pouvoir d'achat et des libertés syndicales, a indiqué la zone de police de Liège. L'action régionale était conjointement organisée par les deux syndicats CSC et FGTB.

Le but de l'action, organisée en front commun par la FGTB Liège-Huy-Waremme et la CSC Liège-Verviers-Ostbelgien, vise une hausse du pouvoir d'achat de manière générale avec notamment une augmentation des salaires pour les travailleurs, qui passe par la modification de la loi de 1996. D'après les syndicats, cette loi bloque la hausse des salaires à maximum 0,4 %.

"Il y a une inflation très importante, mais même quand les entreprises font beaucoup de bénéfices, ce qui est le cas d'un certain nombre de grandes entreprises, nous ne pouvons pas négocier des augmentations de salaire au-delà de 0,4%. Le salaire minimum interprofessionnel garanti en taux horaire dépasse à peine les 10 euros. Avec 0,4% dessus, quand vous devez faire un plein d'essence, ça ne représente absolument rien du tout", a fait remarquer à l'agence Belga Joël Thone, président de la FGTB de Liège-Huy-Waremme. "La moyenne entre 2019 et 2021 pour toutes les entreprises, c'est une augmentation de 4,8 % alors que les travailleurs, c'est 0,4 %. Nous estimons que les travailleurs ont un urgent besoin de ce pouvoir d'achat", ajoute Jean-Marc Namotte, secrétaire fédéral de la CSC province de Liège.

Les syndicats demandent également au gouvernement des mesures structurelles de blocage sur une série de denrées. "On voit l'explosion des prix de l'énergie et on voit aussi toute une série de produits qui suit cette courbe-là. On attend des mesures du gouvernement, d'une part sur la hausse des salaires et d'autre part sur le blocage des coûts de ces matières", a détaillé Jean-Marc Namotte.

Les libertés syndicales étaient aussi abordées dans les discours prononcés vendredi matin place Saint-Lambert. "Nous avons eu beaucoup de délégués qui ont été traduits en justice pour avoir organisé des actions de grève depuis 2020. Nous sommes beaucoup plus attachés aux libertés syndicales en disant que la justice doit être la même pour tout le monde", a déclaré Joël Thone.

Aussi dans le Hainaut

Plus de 500 militants de la FGTB Centre ont également manifesté dans les rues de La Louvière, aux côtés de leur président Thierry Bodson. "La hausse des prix nous étouffe, on n'en peut plus", était le mot d'ordre du jour. Les militants ont notamment pointé du doigt la hausse des coûts de l'énergie, des tickets de caisse au supermarché, du prix des carburants. Selon la FGTB, "le gouvernement a pris des mesures pour six mois mais les citoyens ont besoin d'être rassurés à long terme".

Les revendications du syndicat portent sur une réduction définitive de la TVA à 6 % pour l'électricité et le gaz naturel, l'application du tarif social élargi à une durée indéterminée, en accordant une plus grande attention aux personnes appartenant aux tranches de revenus les plus basses qui n'ont pas encore ouvert leur droit au tarif social.

Le syndicat demande également une correction des prix de l'énergie et des carburants, notamment par le biais du cliquet inversé systématique. Les revendications concernent enfin l'intégration du carburant dans l'indice des prix utilisé pour indexer les salaires et les avantages sociaux.

Une autre manifestation est déjà programmée à Bruxelles le 20 juin prochain où les syndicats comptent sur une mobilisation plus importante.

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