Le Sri Lanka est virtuellement en faillite : le taux d'inflation atteint 40 %

Le Sri Lanka était censé rembourser 78 millions de dollars avant le 18 avril. Il y avait une prolongation de 30 jours, mais elle a expiré mercredi et le pays est maintenant "en défaut".

La Libre Eco avec Belga
L'inflation pourrait atteindre 40 % dans les mois à venir, a averti le gouverneur jeudi. La crise a déjà provoqué de violentes protestations.
L'inflation pourrait atteindre 40 % dans les mois à venir, a averti le gouverneur jeudi. La crise a déjà provoqué de violentes protestations. ©AP

La crise économique au Sri Lanka va de mal en pis. Pour la première fois depuis qu'il a obtenu son indépendance de la Grande-Bretagne en 1948, le pays ne peut pas rembourser un prêt et est donc virtuellement en faillite. Nandalal Weerasinghe, le gouverneur de la banque nationale du pays asiatique, a déclaré jeudi que le Sri Lanka ne peut plus effectuer de paiements tant que sa dette n'est pas restructurée. Le Sri Lanka était censé rembourser 78 millions de dollars avant le 18 avril. Il y avait une prolongation de 30 jours, mais elle a expiré mercredi et le pays est maintenant "en défaut".

L'État insulaire était en difficulté en raison de la pandémie. Le tourisme était très important pour l'économie, mais à cause du Covid-19, les touristes sont partis en masse. Le Sri Lanka n'avait plus d'argent pour importer des biens importants comme le carburant et la nourriture. L'inflation pourrait atteindre 40 % dans les mois à venir, a averti le gouverneur jeudi. La crise a déjà provoqué de violentes protestations.

Le gouvernement est en pourparlers avec le FMI et ses créanciers en vue d'un rééchelonnement de la dette. Auparavant, il avait été dit que 3 à 4 milliards de dollars étaient nécessaires pour sortir de la crise.

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Le Sri Lanka ne pourra pas commencer à rembourser sa dette avant six mois

Le Sri Lanka ne pourra pas commencer à rembourser sa dette avant six mois, a annoncé jeudi la Banque centrale du pays en défaut de paiement. Le gouverneur de la Banque centrale du Sri Lanka, Nandalal Weerasinghe, a déclaré qu'il n'y aurait pas de paiement du service de la dette avant que le pays ne soit en mesure de restructurer sa dette extérieure de 51 milliards de dollars.

"Nous espérons pouvoir parvenir à un accord avec nos créanciers d'ici six mois environ", a précisé M. Weerasinghe, "notre position est très claire. Jusqu'à ce qu'ils arrivent à restructurer, nous ne serons pas capable de payer."

Dans le but d'améliorer la liquidité en dollars des banques commerciales, la Banque centrale a criminalisé jeudi la détention de dollars par les Sri-Lankais au-delà de deux semaines.

Les lois actuelles permettaient aux Sri-Lankais de détenir jusqu'à 15 000 dollars pendant trois mois avant de devoir les déposer dans une banque ou de les convertir au taux de change officiel. Dans deux semaines, ils ne pourront détenir que 10 000 dollars maximum et pas plus de quatorze jours, a précisé M. Weerasinghe.

Toujours, selon le gouverneur, les violences dans les rues comme celles qui ont fait neuf morts la semaine dernière et l'incapacité du gouvernement à nommer un ministre des Finances pourraient retarder les négociations avec les créanciers et le Fonds monétaire international (FMI). A cet égard, M. Weerasinghe a déclaré que des pourparlers avec le FMI en vue d'un éventuel renflouement étaient toujours en cours, mais qu'un accord final nécessitait l'approbation d'un ministre des Finances que le pays n'a pas encore nommé.

Le Premier ministre Ranil Wickremesinghe tente, depuis sa nomination jeudi dernier, de former un "gouvernement d'union" mais seuls quatre ministres, tous issus du SLPP du président Gotabaya Rajapaksa, ont jusque-là prêté serment. M. Wickremesinghe a demandé jeudi aux employés du secteur public de ne pas aller travailler vendredi et de prendre un long week-end en raison de l'extrême pénurie d'essence qui handicape le pays de 22 millions d'habitants.

Faute de devises, l'île ne peut plus financer ses importations et la population subit depuis des mois des pénuries de nourriture, de médicaments, de carburant, de longues coupures d'électricité et des records d'inflation.

Le gouvernement a annoncé la fermeture des écoles publiques à partir de vendredi. Seuls quelques taxis faisaient la queue devant les rares stations à distribuer encore des rations d'essence.