Pénurie et hausse des prix : la Malaisie décide de suspendre les exportations de poulet

D'autres pays de la région ont pris des mesures similaires pour d'autres denrées afin de lutter contre la hausse des prix.

La Libre Eco avec AFP
Pénurie et hausse des prix : la Malaisie décide de suspendre les exportations de poulet
©Shutterstock

La Malaisie a annoncé la suspension des exportations de poulet pour lutter contre une pénurie sur son marché national et une flambée des prix, une nouvelle mesure protectionniste portant sur des produits alimentaires en Asie.

Le Premier ministre malaisien Ismail Sabri Yaakob a déclaré lundi soir que les exportations de quelque 3,6 millions de poulets par mois seraient interrompues à partir du 1er juin "jusqu'à ce que les prix et l'offre se stabilisent". Le pays d'Asie du Sud-Est est le dernier en date à restreindre ses exportations de produits alimentaires après la suspension des exportations de blé par l'Inde et de celles d'huile de palme par l'Indonésie pendant un peu moins d'un mois.

"Le gouvernement se préoccupe du problème de la hausse des prix et du faible approvisionnement actuel en poulet qui nuit" aux Malaisiens, a-t-il indiqué dans un communiqué.

La petite cité-État de Singapour, qui dépend largement de son voisin malaisien pour son alimentation, a aussitôt vu un risque pour son approvisionnement. Un tiers environ des importations singapouriennes de poulet venaient de Malaisie l'an dernier, selon l'agence pour l'alimentation de l'île. L'agence singapourienne a mis en garde mardi contre des "disruptions temporaires de l'approvisionnement de poulet réfrigéré". "Nous recommandons aux consommateurs de n'acheter que ce dont ils ont besoin", a-t-elle précisé dans un communiqué.

La Malaisie exporte aussi des poulets en Thaïlande, Japon et Hong Kong.

L'inflation a atteint 2,2 % en mars en Malaisie, avec une hausse plus marquée des prix alimentaires de 4 %.

Les inquiétudes sur l'insécurité alimentaire montent dans le monde à cause du changement climatique et de l'invasion de l'Ukraine par la Russie. La Banque mondiale a averti ce mois-ci que la hausse des prix alimentaires avait déjà "des effets dévastateurs sur les plus pauvres et les plus vulnérables",