Les véhicules neufs ne pourront plus rouler à l'essence ou au diesel en 2035
Le Parlement européen a entériné la fin du moteur thermique à l'horizon 2035 dans le cadre du plan de la Commission d'atteindre la mobilité routière zéro-émission.

- Publié le 08-06-2022 à 18h41
- Mis à jour le 10-06-2022 à 10h08
Si votre prochaine voiture ne sera peut-être pas encore un véhicule électrique, la suivante le sera probablement si vous l'achetez neuve : le Parlement européen a en effet entériné la fin du moteur thermique à l'horizon 2035 dans le cadre du plan de la Commission d'atteindre la mobilité routière zéro-émission.
Pourquoi se focaliser sur le mode de déplacement préféré des Européens ? Les voitures particulières, c'est plus de 280 millions de véhicules en Europe, y compris au Royaume-Uni. "Les voitures personnelles sont l'un des principaux pollueurs puisqu'elles représentent 60,6 % des émissions totales de CO₂ dues au transport routier en Europe" rappelle le Parlement sur son site, sur base de chiffres de 2019.
En soi, un tel objectif de diminution des émissions de CO₂ était susceptible de rallier une vaste majorité au sein de l'hémicycle européen puisque l'UE a décidé de traquer les émissions de gaz à effet de serre. L'objectif est de parvenir à la neutralité climatique d'ici à 2050. Les choses n'ont toutefois pas été aussi simples.
Vote serré
En mai dernier, le vote en Commission de l'environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire (ENVI), avait été adopté par 46 voix pour 40 contre et 2 abstentions.
Le groupe des Verts aurait préféré la date de 2030 pour la fin du moteur thermique, mais tous les constructeurs n'auraient pas été prêts pour ce grand basculement. Les conservateurs tablaient plutôt sur 2040, mais il semblait alors difficile d'atteindre l'objectif de neutralité climatique en 2050 puisque le cycle de vie total d'une voiture est d'environ 15 ans entre sa première immatriculation et sa mise à la casse. Le cap de 2035 était donc maintenu.
En séance plénière, ce mercredi, les oppositions se sont à nouveau révélées : sans surprise, le groupe PPE (droite pro-européenne et première force politique de l'hémicycle) a voté contre, car il préférait pour sa part une réduction de 90 % des émissions en 2035, en ne stoppant pas la vente de voitures hybrides.
Or, ces véhicules, qui allient moteur thermique et batterie électrique, seront bel et bien interdits à la vente à partir de 2035 au sein de l'Union européenne, au même titre que les versions essence, diesel ou encore au gaz naturel. Ce sera alors le règne du "zéro émission" aussi bien pour les véhicules particuliers que pour les véhicules utilitaires légers (les camionnettes).
Du moins, faut-il le souligner, pour les nouveaux véhicules sortant de l'usine : rien n'empêchera un citoyen européen d'acheter au-delà de cette date butoir un véhicule d'occasion roulant à l'essence ou au diesel.
Et le prix ?
Reste à voir s'il pourra l'utiliser : le moteur diesel sera par exemple banni des rues de Bruxelles à partir de 2030. Ce sera de même en 2035 pour les véhicules essence, hybrides, CNG et LPG, bref tout ce qui émet du CO₂.
Les acheteurs d'un véhicule neuf, quoi qu'il en soit, n'auront bientôt plus vraiment le choix : plusieurs constructeurs ont d'ores et déjà annoncé la fin de la vente de voitures à moteur thermique bien avant 2035. Ce sera par exemple 2028 pour Opel.
Reste bien entendu la question de l'attractivité de la voiture électrique. Le prix d'achat reste un obstacle majeur pour de nombreux ménages en ces temps difficiles pour le portefeuille, d'autant que le prix des matières premières pour les batteries s'est envolé depuis la crise ukrainienne. Qu'en sera-t-il à l'avenir ? Est-il bien judicieux de tout miser, dans les faits, sur le véhicule électrique même si d'autres solutions, comme l'hydrogène qui reste marginal pour les véhicules particuliers et utilitaires, peuvent voir le jour d'ici-là ? Les inquiétudes quant aux possibilités de recharge et à l'autonomie ne devraient plus être, alors, que de lointains souvenirs.
