"La crise liée à la guerre en Ukraine s'installe, s'aggrave et va se traduire en cessations et licenciements"

Les hausses de prix de l'énergie et des matières premières mettent à mal les activités des indépendants et très petites entreprises (TPE) francophones, s'alarme l'Union des classes moyennes (UCM).

La Libre Eco avec Belga
Plus de la moitié des chefs d'entreprises sondéspar l'UCM ne disposent pas de liquidités suffisantes pour licencier même s'ils en ont besoin. "C'est donc toute l'entreprise qui pourrait basculer."
Plus de la moitié des chefs d'entreprises sondéspar l'UCM ne disposent pas de liquidités suffisantes pour licencier même s'ils en ont besoin. "C'est donc toute l'entreprise qui pourrait basculer." ©Shutterstock

Plus de trois mois après le lancement de l'offensive russe en Ukraine, la guerre commence à peser sur les activités des indépendants et très petites entreprises (TPE) francophones, s'alarme vendredi l'Union des classes moyennes (UCM). "La crise s'installe, s'aggrave et va se traduire en cessations et licenciements", prévient l'organisme représentant les indépendants et PME francophones. L'UCM a interrogé 760 personnes sous statut d'indépendant et chefs de microentreprises francophones entre le 27 mai et le 6 juin. Il en ressort que 55 % des sondés estiment que leur activité est (très) exposée à la guerre en Ukraine. Seul un quart des répondants ne témoignent pas d'impact sur leur chiffre d'affaires. En moyenne, la baisse du chiffre d'affaires est estimée à 19 %, calcule l'UCM. La hausse des coûts de production et de fonctionnement atteint aussi 19 % en moyenne.

Sans surprise, ce sont les hausses de prix de l'énergie et des matières premières qui mettent le plus à mal les indépendants et TPE.

Cet impact est tellement prononcé que 44 % des employeurs interrogés songent à un ou plusieurs licenciements. 55 % n'envisagent, eux, aucun impact sur l'emploi. Cependant, plus de la moitié des chefs d'entreprises sondés (57,2 %) ne disposent pas de liquidités suffisantes pour licencier même s'ils en ont besoin, relève l'UCM. "C'est donc toute l'entreprise qui pourrait basculer", s'inquiète-t-elle.

Pour "limiter les dégâts", l'organisation juge "nécessaire" de prolonger le chômage temporaire pour force majeure au-delà du 30 juin. Parmi ses autres revendications figurent l'exonération fiscale et sociale des indemnités de licenciement pour une période limitée, une réduction de la fiscalité sur les carburants ainsi que la prolongation des délais de paiement des dettes fiscales et sociales.

Une situation économique pire que la pandémie

Même son de cloche du côté de Fedustria, la fédération belge de l'industrie du textile, du bois et de l'ameublement, dont une enquête auprès de ses membres révèle vendredi que pour une entreprise sur deux, la situation économique est pire aujourd'hui que durant la pandémie de coronavirus.

Ces sociétés évoquent, elles aussi, la flambée des prix de l'énergie et des matières premières comme la cause de leurs problèmes, avec des marges soumises à une pression supplémentaire en raison de la forte hausse des coûts salariaux. Environ 20 % des entreprises du secteur déclarent d'ailleurs s'attendre à devoir licencier du personnel.

Fedustria appelle donc aussi à prolonger le régime flexible du chômage temporaire jusqu'à la fin 2022. Selon la fédération, en raison du fort ralentissement de l'économie, pas moins de 71 % des entreprises auront encore besoin d'y faire appel.

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