La BNB table toujours sur une hausse du PIB de 2,4 % en 2022

L'inflation devrait commencer à diminuer au cours de l'été, selon les modèles - optimistes - de la BNB, pour repasser sous les 2 % en 2024 (après avoir atteint 8,2 % sur l'année 2022).

La Libre Eco avec Belga
La BNB table toujours sur une hausse du PIB de 2,4 % en 2022
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Malgré l'incertitude de la situation actuelle, la Banque nationale de Belgique a globalement maintenu ses dernières projections - publiées exceptionnellement en mars dernier - pour celles de printemps, présentées lundi à Bruxelles. La BNB table toujours sur une hausse du produit intérieur brut (PIB) de 2,4 % en 2022, contre 1,5 % l'an prochain et 2 % en 2024 (1,9 % estimé lors des prévisions automnales).

L'inflation devrait commencer à diminuer au cours de l'été, selon les modèles - optimistes - de la BNB, pour repasser sous les 2 % en 2024 (après avoir atteint 8,2 % sur l'année 2022).

Mais cette "vague d'inflation", conjuguée à l'indexation automatique des salaires - qui n'existe pas dans les principaux pays voisins - nuira indéniablement à la compétitivité des entreprises belges. "Il y aura une détérioration de la compétitivité des entreprises", confirme le gouverneur Pierre Wunsch, mais il est compliqué de savoir si cela s'avérera catastrophique car "leurs marges étaient très élevées", nuance-t-il.

Du côté des ménages, bien que le pouvoir d'achat ait souffert en 2022, l'indexation automatique des salaires compensera totalement ces pertes en 2023. Et malgré leurs marges confortables, "il n'est pas sûr que toutes les entreprises ou tous les secteurs puissent se permettre des coûts horaires de 15 % supérieurs aux pays voisins", relève Pierre Wunsch.

Pas de coussin en cas de nouveau choc

Dans le même temps, aucun soutien structurel ne peut venir des autorités, prévient-il. "Il faut absolument baisser le déficit public." Des mesures ciblées et temporaires restent possibles, "mais il n'y a pas de marge pour des mesures structurelles de compensation", selon la BNB. En 2022, le déficit atteindra 4,5 % du PIB et il sera toujours de 5 % en 2024, selon les prévisions. A ce stade, la Belgique "n'a pas de coussin en cas de nouveau choc"; pour assurer un peu les arrières, le gouverneur préconise une réduction du déficit de 0,6 % par an pour tendre vers les 3 %. La lourdeur du déficit budgétaire belge n'est pas neuve. "Ce qui a changé, et qui change quand même pas mal la donne, c'est que le coût de financement de l'Etat a quand même fortement augmenté", note Pierre Wunsch. "On avait des taux d'emprunt très favorables et maintenant le prix auquel l'Etat finance son déficit a très fortement augmenté. On est sur une pente ascendante, donc il faut absolument, maintenant, réduire le déficit pour conserver des marges de manoeuvre, notamment pour affronter la prochaine récession le jour où elle survient."

Un avis directement partagé par la secrétaire d'Etat au Budget, Eva De Bleeker. "Il est crucial de mettre en oeuvre" les réformes "du marché du travail", "du système fiscal" et "des pensions" pour "garantir la viabilité financière de notre pays à long terme", estime-t-elle. "Le déficit reste élevé et le restera dans les années à venir si on ne fait rien. (...) Nous devons donc réformer en profondeur notre système."