Le pétrole fléchit : "Un resserrement de la politique monétaire américaine pourrait avoir des effets négatifs sur la demande"

Les cours de l'or noir baissent, malgré la publication de données plus optimistes pour la demande mondiale en pétrole.

La Libre Eco avec AFP
L'Agence internationale de l'énergie (AIE) prévoit que la demande pétrolière mondiale va pour la première fois dépasser les niveaux d'avant la pandémie de Covid l'an prochain.
L'Agence internationale de l'énergie (AIE) prévoit que la demande pétrolière mondiale va pour la première fois dépasser les niveaux d'avant la pandémie de Covid l'an prochain. ©Shutterstock

Les prix du pétrole glissaient avant une décision de politique monétaire très attendue de la Réserve fédérale (Fed) et l'état des réserves commerciales américaines, malgré la publication de données plus optimistes pour la demande mondiale en or noir.

Vers 09H50 GMT (11H50 à Paris), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en août perdait 1,16 % à 119,76 dollars. Le baril de West Texas Intermediate (WTI) américain pour livraison en juillet baissait de 1,30 % à 117,38 dollars.

Le Comité monétaire de la Fed doit dévoiler l'ampleur de son tour de vis monétaire supplémentaire pour dompter l'inflation mercredi. "Un resserrement plus important de la politique monétaire pourrait avoir des effets négatifs sur la demande de pétrole", explique Carsten Fritsch, analyste pour Commerzbank.

L'Agence internationale de l'énergie (AIE) prévoit pourtant que la demande pétrolière mondiale va pour la première fois dépasser les niveaux d'avant la pandémie de Covid l'an prochain, dans son rapport mensuel sur le pétrole publié mercredi. "Une grande part de cette probable accélération résulte d'une reprise robuste de la demande chinoise, faisant suite aux graves perturbations liées au Covid-19 en 2022", explique-t-elle.

Dans son rapport mensuel publié mardi, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) a maintenu ses prévisions de croissance solide de la demande mondiale cette année, avec cependant une révision à la baisse pour le deuxième trimestre de 2022, plombé par de nouvelles restrictions sanitaires en Chine. Quant à la production de l'Opep, "elle reste largement insuffisante", abonde Stephen Brennock, de PVM Energy. Selon des sources secondaires citées dans le rapport, la production de brut de l'Opep s'est établie en moyenne à 28,465 millions de barils par jour en mai, "soit une baisse de 176 000 millions de barils par jour d'une année sur l'autre et la plus forte chute depuis février 2021", affirme M. Brennock. L'arrêt quasi total de la production en Libye serait l'une des principales raisons de cette baisse, selon l'analyste. "L'Opep est de plus en plus en retard sur ses quotas de production. Et il y a peu de chances qu'un répit se profile à l'horizon", souligne-t-il.

Le marché attend également la publication de l'état des stocks américains de pétrole par l'EIA (Agence américaine d'information sur l'Energie). Les analystes tablent sur une baisse de 2,2 millions de barils des réserves commerciales de brut et une augmentation de 500 000 barils d'essence, selon la médiane d'un consensus compilé par Bloomberg.

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