Livraisons réduites de gaz russe : une "attaque" aux "raisons farfelues et illégales"

Le PDG du groupe public ukrainien Naftogaz fustige "un comportement peu scrupuleux" et "le chantage" de Moscou.

La Libre Eco avec AFP
Le PDG du groupe public ukrainien Naftogaz, Iouriï Vitrenko.
Le PDG du groupe public ukrainien Naftogaz, Iouriï Vitrenko. ©BELGA

Les raisons invoquées par Moscou pour diminuer fortement les livraisons de gaz russe à l'Europe via le gazoduc Nord Stream 1 sont "farfelues et illégales", a affirmé mardi le PDG du groupe public ukrainien Naftogaz, Iouriï Vitrenko.

"Gazprom, pour des raisons farfelues et illégales, justifie par le fonctionnement réduit de Nord Stream 1", lié à des problèmes d'ordre technique selon le géant russe, "la limitation de l'approvisionnement en gaz de l'Europe", a déclaré M. Vitrenko lors d'une conférence de presse, fustigeant "un comportement peu scrupuleux" et "le chantage" de Moscou.

"Les actions de la Russie indiquent une violation flagrante par la Russie et Gazprom de leurs obligations contractuelles" vis-à-vis des pays européens, a-t-il ajouté. "C'est un exemple très clair de la manière dont (les Russes) (...) testent la faiblesse de l'Europe", a-t-il encore lancé face à la presse.

Une "attaque"

De son côté, le ministre allemand de l'Economie et Climat Robert Habeck estime que ces baisses de livraisons sont une "attaque" qui vise à "semer le chaos sur le marché européen de l'énergie". "Ce que nous avons vu la semaine dernière revêt une autre dimension. La réduction des livraisons de gaz par Nord Stream est une attaque contre nous", a-t-il affirmé lors d'un discours devant les patrons de l'industrie à Berlin.

"Ce que nous avons vu la semaine dernière revêt une autre dimension. La réduction des livraisons de gaz par Nord Stream est une attaque contre nous", a-t-il ajouté. Cette "attaque économique" a été "menée de façon délibérée" par Vladimir Poutine.

"Nous avons déjà vu cette façon de faire plusieurs fois, avec la réduction des livraisons de gaz, en Bulgarie, en Pologne ou au Danemark", a affirmé le ministre. "Il s'agit de semer le chaos sur le marché européen de l'énergie", en "faisant monter les prix", a alerté M. Habeck.

Baisse progressive des livraisons

La semaine dernière, Gazprom avait annoncé baisser d'un tiers, après une première baisse de 40 %, ses livraisons quotidiennes de gaz à l'Europe via Nord Stream 1, affirmant avoir été forcé d'arrêter un équipement de l'allemand Siemens pour des raisons techniques.

La production quotidienne est ainsi passée le 16 juin de 100 à 67 millions de mètres cubes par jour, après une première baisse de 167 à 100 millions de m³ la veille.

Cela porte à près de 60 % la baisse des approvisionnements quotidiens via le gazoduc sous-marin qui relie la Russie à l'Allemagne via la mer Baltique.

Les exportations de gaz russe vers l'Europe sont en baisse constante depuis le début des sanctions occidentales contre Moscou, l'Union européenne cherchant à se défaire de sa dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie.

Ces dernières semaines, Gazprom a également interrompu ses livraisons de gaz à plusieurs clients européens ayant refusé de payer en roubles, "une décision illégale", a jugé mardi Iouriï Vitrenko.