"L'inflation a surpris à la hausse, et d'autres surprises pourraient nous attendre", avertir le président de la Fed

Le président de la Fed a évoqué les perspectives économiques devant le Sénat américain.

La Libre Eco avec Belga
"L'inflation a surpris à la hausse, et d'autres surprises pourraient nous attendre", avertir le président de la Fed
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Le président de la Réserve fédérale américaine (Fed) Jerome Powell a reconnu que la vigueur de l'inflation avait surpris les autorités monétaires et a prévenu que "d'autres surprises" pourraient intervenir. Dans un discours qu'il devait prononcer au Congrès, M. Powell a aussi assuré que l'économie américaine était suffisamment "solide et bien placée pour faire face à un resserrement monétaire".

"L'inflation a manifestement surpris à la hausse au cours de l'année écoulée, et d'autres surprises pourraient nous attendre", a prévenu M. Powell lors de son audition annuelle devant une commission du Sénat, alors que la hausse des prix a atteint un sommet en 40 ans aux Etats-Unis à 8,6% sur un an. Il a rappelé que la Fed avait relevé les taux directeurs au cours des trois dernières réunions, entraînant une augmentation de 1,5 point de pourcentage du coût du crédit au jour le jour.

Le Comité monétaire "s'attend à ce que les hausses de taux continuent", a-t-il averti et leur rythme "dépendra des données économiques"."L'inflation a également augmenté rapidement dans de nombreuses économies étrangères", a-t-il insisté. Elle vient d'être annoncée mercredi à 9,1 % sur un an en mai au Royaume-Uni.

M. Powell a dépeint une économie américaine encore "très solide" et s'est gardé d'évoquer une récession.

"Les indicateurs suggèrent que la croissance du produit intérieur brut réel s'est accélérée ce trimestre, avec les dépenses de consommation restent fortes", a-t-il assuré, après un recul du PIB au 1er trimestre. Il a souligné en revanche un ralentissement des investissements des entreprises et a relevé le coup de froid qui saisit le marché immobilier "reflétant en partie des taux hypothécaires plus élevés"."Le durcissement des conditions financières (...) devrait continuer à tempérer la croissance et contribuer à mieux équilibrer la demande et l'offre", a-t-il affirmé.

Le spectre d'une récession est de plus en plus invoqué par les acteurs et experts économiques qui craignent qu'en resserrant trop fort les taux d'intérêt qui conditionnent tous les autres crédits, la Fed ne parvienne pas à réaliser un atterrissage en douceur.

La Maison Blanche elle-même est préoccupée par le risque d'une récession mais elle assure également que les fondamentaux de l'économie restent solides pour y faire face.