La Norvège s'engage à augmenter ses livraisons de gaz à l'UE : "Nous avons commencé à gonfler nos exportations"

Des investissements seront nécessaires mais les deux parties veulent s'engager sur le long terme.

La Libre Eco avec Belga
La Norvège s'engage à augmenter ses livraisons de gaz à l'UE : "Nous avons commencé à gonfler nos exportations"
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La Norvège s'est engagée à augmenter durablement ses livraisons de gaz à l'UE, notamment en développant de nouveaux gisements, pour aider à compenser la chute des approvisionnements russes, ont annoncé Bruxelles et Oslo jeudi. Dans une déclaration commune, l'UE et la Norvège, qui fournit déjà un quart de la consommation de gaz des Vingt-Sept, s'accordent à "renforcer leur étroite coopération dans l'énergie", notamment pour garantir des approvisionnements supplémentaires de gaz à court et long terme.

"Nous avons commencé à gonfler nos exportations, certaines entreprises changeant leurs plans" pour rediriger des livraisons vers l'UE, et "à long terme, cela dépendra d'investissements pour développer de nouveaux gisements", a expliqué le ministre norvégien de l'Energie, Terje Aasland, en visite à Bruxelles.

"La Norvège fera ce qu'elle peut pour soutenir l'UE face à notre manque de gaz... et pour qu'on en ait suffisamment pour affronter l'hiver prochain. Son engagement est très clair", a réagi à son côté Frans Timmermans, vice-président de la Commission européenne.

En représailles aux sanctions de l'UE suite à l'invasion russe de l'Ukraine, Moscou a réduit ses livraisons de gaz aux Européens, qui en sont très dépendants, les poussant à chercher dans l'urgence des fournisseurs alternatifs.

D'importantes capacités en mer

Aucun objectif de volume avec la Norvège et aucun calendrier n'ont été dévoilés jeudi. Les discussions menées par les entreprises énergétiques sont toujours en cours, selon M. Timmermans. La Norvège dispose en mer du Nord "d'importantes réserves d'hydrocarbures" et, si elle continue le développement de nouveaux gisements, elle "pourra rester un important fournisseur de l'Europe à long terme, après 2030", précise la déclaration, l'UE s'engageant à "soutenir la poursuite de l'exploration et des investissements".

"Actuellement, nous produisons à 100 % de nos capacités, mais nous regardons vers l'avenir. Le gaz et le pétrole (norvégiens) seront importants pour la sécurité énergétique de l'Europe dans la prochaine décennie", a fait valoir M. Aasland.

L'accord conclu prévoit aussi une coopération sur "les énergies renouvelables offshore", la capture et le stockage du carbone, et l'hydrogène décarboné, dit "bleu" (produit à partir de gaz mais en capturant le CO₂), a-t-il rappelé.

Ainsi, pour Frans Timmermans, cet accord ne prolongera pas la dépendance de l'UE au gaz ni ne mettra en péril ses objectifs climatiques.