En cas de pénurie de gaz en Europe, la Belgique sera tenue d'aider ses partenaires

Les ménages, les entreprises et l’industrie ont réagi à la crise énergétique en diminuant leur consommation de gaz.

En cas de pénurie de gaz en Europe, la Belgique sera tenue d'aider ses partenaires
©BELGA

La flambée des prix de l’énergie a de lourdes conséquences sur les citoyens et les entreprises. Selon des chiffres fournis par la ministre fédérale de l’Énergie, Tinne Van der Straeten (Groen), la consommation de gaz a baissé de 18,5 % du 1er janvier au 26 juin, par rapport à la même période de 2021.

Cette réduction de la demande touche toutes les catégories de consommateurs. Pour les familles et les PME, une baisse de 18,33 % a été enregistrée, contre -26,45 % pour les centrales au gaz et -11,24 % pour l'industrie. "Ces économies d'énergie peuvent avoir un effet positif sur l'ensemble de la consommation énergétique de la Belgique", a commenté Tinne Van der Straeten, lors d'une audition à la Chambre mardi.

Solidarité européenne

La ministre a également été interrogée sur le plan d'urgence en cas de pénurie de gaz. Pour rappel, l'industrie serait touchée en premier lieu, les ménages et les centrales au gaz étant, eux, protégés.

On sait que la Belgique est mieux positionnée que certains pays européens, comme l’Allemagne, au niveau de l’approvisionnement en gaz. Notre pays est connecté aux terminaux gaziers de Zeebruges et de Dunkerque. Selon Tinne Van der Straeten, il devrait donc être possible de reconstituer les stocks belges de gaz avant l’hiver, même en cas de perturbation des livraisons russes vers l’Europe. La France, l’Espagne et le Portugal sont également dans une situation favorable.

Selon la réglementation européenne, la Belgique sera tenue de répondre aux demandes de solidarité de ses partenaires, si ceux-ci ont mis en œuvre toutes les mesures de leur plan d’urgence. Cela pourrait conduire à une coupure forcée de l’approvisionnement des clients non protégés en Belgique.

Vers une taxe unique sur les surprofits du secteur de l’énergie

De nombreux rapports ont mis en exergue la réalisation de surprofits par certains acteurs du secteur de l’énergie : centrales au gaz, centrales nucléaires, certaines capacités renouvelables… Néanmoins, le projet de taxation de ces surprofits se fait attendre. On sait qu’il sera compliqué de taxer les bénéfices exceptionnels du nucléaire, en raison de la convention signée par Engie et le gouvernement Michel. Néanmoins, Tinne Van der Straeten a affirmé qu’on se dirigeait vers une contribution unique visant les acteurs de l’énergie. La ministre peaufine son projet avec l’appui du ministre des Finances, sur la base de ce qui a été mis en place en Italie.