Sous-effectifs, cadences infernales, salaires insuffisants… Le secteur aérien au bord de la crise de nerfs

C’est tout le secteur aérien qui est aujourd’hui confronté à un défi titanesque : répondre au retour en masse des voyageurs.

V.S.
Le principal syndicat de pilotes de la compagnie aérienne en difficulté SAS a décidé de mettre sa menace de grève à exécution après l’échec des négociations sur les conditions salariales.
Le principal syndicat de pilotes de la compagnie aérienne en difficulté SAS a décidé de mettre sa menace de grève à exécution après l’échec des négociations sur les conditions salariales. ©BELGA

Y a-t-il un pilote dans l’avion ? De nombreux passagers, en quête d’évasion et de détente, risquent encore de se poser la question cet été au moment de boucler leurs valises ou de réserver un vol. La multiplication en Europe mais aussi de l’autre côté de l’Atlantique d’annonces d’annulations de vols et de grèves a en effet de quoi donner le tournis. Et la liste pourrait encore s’allonger dans les jours à venir…

En réalité, c’est tout le secteur aérien qui est aujourd’hui confronté à un défi titanesque : répondre au retour en masse des voyageurs. Une forte hausse de la demande qui a été très mal anticipée au sein des compagnies forcées à une solide cure d’amaigrissement en raison de la crise du Covid. Et aujourd’hui prises à la gorge.

Sous-effectifs, problèmes de recrutement, cadences infernales, salaires jugés insuffisants,… Le malaise social est global : il touche les compagnies elles-mêmes, personnel navigant et pilotes en tête, mais aussi le personnel des aéroports et les acteurs qui y gravitent, comme les bagagistes, les agents de sécurité ou encore les contrôleurs aériens. Une situation d’autant plus explosive que le Covid est toujours là, et contribue à augmenter l’absentéisme au sein des équipes.

Le chaos aussi aux États-Unis

En l’espace de quelques jours, la compagnie irlandaise Ryanair a annoncé 12 nouveaux jours de grève au départ des aéroports espagnols (NdlR : du 12 au 15 juillet, du 18 au 21 juillet et du 25 au 28 juillet), Brussels Airlines l’annulation de 700 vols (lire par ailleurs) tandis que de fortes perturbations ont impacté samedi dernier l’aéroport parisien Paris-Charles de Gaulle où des dizaines de vols ont été annulés sur fond de conflit social, portant sur les salaires et les conditions de travail. Lundi, le principal syndicat de pilotes de la compagnie aérienne en difficulté SAS a, par ailleurs, décidé de mettre sa menace de grève à exécution après l’échec des négociations sur les conditions salariales : 50 % des vols devraient être annulés, touchant 30 000 passagers par jour. Quant au directeur des opérations de la compagnie britannique EasyJet, il a pris la porte, victime ici aussi de l’annulation de centaines de vols durant le printemps dernier. Et aux États-Unis, ce sont des centaines de vols qui ont été annulés ou retardés pour le week-end de la fête nationale. Là aussi, en cause, une situation de sous-effectif.

Le secteur aérien qui espérait avoir mangé son pain noir après deux années de Covid traverse donc une nouvelle zone de très fortes turbulences. Et prie déjà pour que la rentrée de septembre ne soit pas synonyme d’un retour en force de la pandémie et d’éventuelles restrictions de voyage.

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