"Le résultat est maigre", "C'est raté" : les partenaires sociaux taclent la réforme des pensions

Les patronats et syndicats réagissent à l'accord auquel est parvenu la Vivaldi sur la réforme des pensions.

La Libre Eco avec Belga
Pieter Timmermans, l'administrateur délégué de la Fédération des entreprises de Belgique.
Pieter Timmermans, l'administrateur délégué de la Fédération des entreprises de Belgique. ©BELGA

La Fédération des entreprises de Belgique estime que la réforme des pensions annoncée par le gouvernement fédéral ne représente que "tout au plus quelques corrections sociales qui contribuent peu à renforcer le système".

"Le résultat est maigre", fustige mardi la FEB dans un communiqué. Pour le patronat, l'accord auquel est parvenu la Vivaldi est insuffisant. "Je crains qu'il y ait encore beaucoup de travail à faire pour parvenir à une vraie réforme qui garantisse la soutenabilité de nos pensions", s'inquiète l'administrateur délégué de la Fédération des entreprises de Belgique, Pieter Timmermans.

La FEB, tout en attendant les textes définitifs, se félicite cependant de l'introduction du principe selon lequel "ceux qui travaillent effectivement devraient être (davantage) récompensés lorsqu'ils accumulent une pension".

Mais à part ce point, "le résultat reste maigre, compte tenu des énormes défis auxquels le système est confronté", juge la FEB.

"En tant qu'employeurs, nous supportons le plus grand poids dans le financement des pensions légales et complémentaires. Nous demandons donc au gouvernement de ne pas mettre la charrue avant les bœufs et de tenter sérieusement après les vacances d'été de pousser le taux d'emploi à 80 %", plaide la fédération patronale.

>> Lire aussi : La Vivaldi, dans la douleur, accouche d'une réforme des pensions "light"

"Décevante"

Pour sa part, l'Union des classes moyennes, on juge "décevante" la réforme des pensions annoncée par le gouvernement fédéral. "Les corrections vont plutôt dans le bon sens, mais passent à côté des vrais problèmes", a réagi mardi l'UCM dans un communiqué. La fédération des indépendants et PME avait deux priorités: "le rétablissement de la confiance dans la pérennité du système et l'amélioration de l'équité en valorisant davantage le travail", rappelle-t-elle.

Au final, "c'est raté", tranche l'UCM.

Si elle salue la condition de vingt ans de travail effectif pour avoir accès au calcul avantageux sur la base du montant de pension minimale, l'Union déplore une "mini-réforme (qui) manque de courage".

L'UCM pointe notamment le fait que "les indépendants ne se constituent un droit de pension que s'ils cotisent, alors que les salariés ont en moyenne un tiers de leur carrière - près de quinze ans - valorisé pour leur retraite comme s'ils avaient travaillé alors qu'ils bénéficiaient d'allocations de chômage ou d'indemnités d'invalidité".

En outre, "des indépendants qui ont travaillé 29 ans, ou qui ont des carrières mixtes avec des postes à l'étranger, restent en dehors du système de la pension minimum", poursuit-on. "Les montants de pension ne seront totalement proportionnels aux cotisations, dans le régime indépendant, qu'en 2066. Une vraie réforme aurait dû prévoir un coup d'accélérateur."

"En mode mineur"

Du côté des syndicats, la réforme des pensions annoncée par le gouvernement fédéral comporte des éléments positifs, mais "la question du financement" du système "reste problématique", juge le Syndicat neutre pour indépendants. À l'image de ses homologues de la FEB et de l'UCM, le SNI salue le seuil de 20 années de travail effectif pour accéder à la pension minimum et le retour du bonus pension, "des évolutions positives qui devraient inciter les travailleurs à cotiser plus longtemps".

Mais toujours dans la lignée des autres organisations patronales, le Syndicat déplore une réforme "en mode mineur".

"La question du financement reste problématique. Il faudra un taux d'emploi effectif de 80% pour assurer à terme le coût du vieillissement. Or, nous en sommes loin et les disparités entre régions sont fortes. C'est là que se trouve aujourd'hui surtout le problème et ça doit être la priorité numéro un du gouvernement", estime le SNI.

Quant aux décisions pour améliorer la pension des indépendants, celles-ci avaient déjà été prises lors de précédents conclaves, relève le Syndicat. "Nous n'attendions donc pas de grandes avancées dans cet accord."