Le PIB des États-Unis se contracte de nouveau, les craintes de récession s'intensifient

Le produit intérieur brut (PIB) des États-Unis s'est de nouveau contracté au deuxième trimestre, de 0,9 % en rythme annualisé.

La Libre Eco avec AFP
Le PIB des États-Unis se contracte de nouveau, les craintes de récession s'intensifient
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Le produit intérieur brut (PIB) des États-Unis s'est de nouveau contracté au deuxième trimestre, de 0,9 % en rythme annualisé, ce qui accroît les risques de voir la première économie du monde plonger dans la récession.

Au premier trimestre, le PIB s'était contracté de 1,6 %, selon les chiffres publiés jeudi par le département du Commerce.

La définition communément admise de la récession correspond à deux trimestres consécutifs de recul du PIB, mais de nombreux économistes, ainsi que l'administration Biden, affirment que l'économie n'est cependant pas forcément en récession du fait d'autres indicateurs plus favorables, comme l'emploi.

La secrétaire au Trésor de Joe Biden - titre correspondant à la ministre de l'Économie et des Finances - Janet Yellen tiendra une conférence de presse à 13H30 (17H30 GMT).

Le département du Commerce précise que le recul du PIB reflète des baisses d'investissements des entreprises et d'achats de logements de la part des ménages. Le gouvernement fédéral, les États et les administrations locales ont également freiné leurs dépenses.

La consommation s'est maintenue grâce aux dépenses dans les services, qui ont cependant vu leurs prix augmenter avec l'inflation.

Le recul du PIB sur le trimestre est de 0,2 % si l'on compare simplement au trimestre précédent, comme le font d'autres économies avancées.

"Ampleur du déclin"

Les États-Unis ont-ils ou non plongé dans la récession: le débat, qui faisait déjà rage depuis plusieurs jours, va ainsi pouvoir repartir de plus belle.

Un seul organisme est habilité aux États-Unis à déterminer officiellement les périodes de récession, le Bureau national de la recherche économique (NBER), mais cela intervient avec plusieurs mois de délai.

Nous "considérons une série d'indicateurs", détaille sur son site le NBER, qui observe également "l'ampleur du déclin de l'activité".

Le président Joe Biden a affirmé lundi que son pays ne connaîtrait pas de récession, et son administration tente d'éteindre l'incendie.

La secrétaire au Trésor Janet Yellen a assuré que non, la première économie du monde n'était pas en récession.

"Ce qu'une récession signifie vraiment, c'est une contraction généralisée de l'économie. Et même si ce chiffre est négatif, nous ne sommes pas en récession maintenant", a-t-elle souligné dimanche.

Mais l'opposition y voit une tentative de manipulation des chiffres. "Scoop pour Joe Biden: tu ne peux pas changer la réalité en argumentant sur des définitions", a réagi le Parti républicain.

Ralentissement

Le taux de chômage, à 3,6%, est tout proche de son niveau pré-pandémique, qui était le plus bas depuis 50 ans, et les employeurs peinent toujours à recruter.

Cependant, "les récents indicateurs de dépenses et de production ont ralenti", a concédé mercredi la Fed.

La consommation, moteur de l'économie américaine, avait encore surpris par sa vigueur en juin. Mais le montant des dépenses a été gonflé par l'inflation, et les consommateurs, pour une même addition, repartent avec un panier moins garni.

Le FMI a se son côté révisé fortement à la baisse sa prévision de croissance des États-Unis pour 2022, et ne table désormais plus que sur 2,3% (quand elle anticipait encore 3,7% en avril), avançant "une croissance plus faible en début d'année", et les conséquences de l'inflation.

Le PIB américain s'était contracté de 3,4% en 2020 sous l'effet de la crise du Covid-19, avant de rebondir de 5,7% en 2021.