Le Royaume-Uni enquête sur le "greenwashing" des marques de "fast fashion"

L'enquête se penche, pour le moment, sur Boohoo ou Asos.

La Libre Eco avec AFP
Boohoo ou Asos sont accusées d'être très polluantes.
Boohoo ou Asos sont accusées d'être très polluantes. ©Shutterstock

Le régulateur britannique de la concurrence, la CMA, va enquêter sur des marques de mode comme Boohoo ou Asos, accusées d'être très polluantes, pour voir si leurs promesses environnementales sur certains produits sont fallacieuses.

La CMA prévient que son enquête pourrait être élargie à d'autres marques, d'après un communiqué vendredi.

L'autorité de régulation va examiner les affirmations des marques de mode rapide ("fast fashion") Asos, Boohoo et George at Asda, alors que ces marques commercialisent certains vêtements, chaussures ou accessoires comme étant protectrices de l'environnement.

"Si ces entreprises utilisent des arguments écologiques trompeurs, nous n'hésiterons pas à agir, devant les tribunaux s'il le faut", souligne la CMA. Boohoo dit "collaborer avec la CMA et est résolu à fournir à ses clients des informations exactes sur les produits qu'ils achètent", a réagi le groupe dans un communiqué. Asos a assuré dans un autre communiqué qu'il "coopérera à l'enquête, et s'engage à prendre sa part pour rendre le secteur de la mode plus durable, notamment en fournissant des informations claires et précises sur ses produits".

La CMA rappelle qu'elle s'est penchée en janvier sur le secteur de l'habillement, où quelque "54 millions de livres sont dépensés par les consommateurs chaque année, et ce premier passage en revue a mis au jour des inquiétudes sur de potentiels arguments écologiques trompeurs".

Certaines entreprises "donnent ainsi l'impression que leurs produits sont durables ou meilleurs pour l'environnement, en faisant par exemple état de l'utilisation de matériaux recyclés, sans informations justifiant ces affirmations", argumente le régulateur.

Mais toute la question est "de regarder au delà des mots", selon Danni Hewson, analyste chez AJ Bell, car "il y a une grande différence entre des matériaux 100% recyclés et ceux qui n'en contiennent qu'une fraction".

La question est d'autant plus cruciale que les clients "veulent se sentir bien à propos de ce qu'ils achètent et que beaucoup sont prêts à payer légèrement plus cher" pour cela, alors que le secteur est critiqué notamment pour ses pratiques peu écologiques.

L'industrie d