La Chine et l’Iran pèsent sur les prix du baril de pétrole brut

Le ralentissement économique chinois et le dialogue constructif sur le nucléaire iranien changent la donne.

Belga
La Chine et l’Iran pèsent sur les prix du baril de pétrole brut
©AFP

Les prix du pétrole accentuaient leurs pertes lundi après que le chef de la diplomatie iranienne a affirmé que son pays enverrait ses "propositions finales" sur le dossier nucléaire avant minuit heure locale. La possibilité d'un accord qui permettrait le retour sur le marché de la production iranienne, alors même que la demande chinoise souffre d'une économie en berne, faisait reculer les prix sur les marchés à terme de référence.

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en octobre perdait 5,18 % à 93,08 dollars en cours de journée, soit un niveau comparable à celui atteint à la mi-février.

Le baril de West Texas Intermediate (WTI) américain pour livraison en septembre cédait quant à lui 5,27 %, à 87,24 dollars.

Le marché de l’or noir est focalisé sur les négociations autour de l’accord sur le nucléaire iranien, qui pourrait conduire à la fin des sanctions pour ce membre clef de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep).

Selon le ministre Hossein Amir-Abdollahian, son pays fera part lundi de ses "propositions finales" sur le dossier nucléaire, après que, selon lui, les États-Unis ont accepté deux des exigences iraniennes.

"Si nos propositions sont acceptées, nous sommes prêts à conclure (les discussions) et à annoncer l'accord lors d'une réunion des ministres des Affaires étrangères", a-t-il ajouté.

"Tant qu'un accord n'est pas signé, il ne faut rien prendre pour acquis", prévient Craig Erlam, analyste chez Oanda, qui prévoit cependant que la pression sur les prix du pétrole s'intensifiera en cas de succès des négociations.

La Chine au ralenti

Les prix souffraient par ailleurs de données décevantes en Chine. En juillet, en effet, les ventes de détail, qui témoignent de la confiance des ménages, et la production industrielle ont connu un ralentissement inattendu, en raison d’un rebond de Covid-19 et d’une crise dans l’immobilier qui ont lourdement pénalisé l’activité.

L'accès de faiblesse de l'économie chinoise "pèse sur le pétrole, et il y a peu de chances d'un rebond à court terme", résume Bjarne Schieldrop, analyste chez SEB, dans une note.

Selon lui, il est "assez clair que la demande chinoise peu vigoureuse explique le déclin des prix du pétrole depuis juin".

Après s’être envolés en début d’année pour avoisiner les 120 dollars le baril, alors que la demande reprenait avec la fin des confinements et le début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, les prix du marché ont cédé plus de 20 % en deux mois et demi. (Belga)