Les syndicats tirent la sonnette d'alarme concernant les prix de l'énergie: "Le pire est à venir"

L'organisation Unizo estime que "le pire est à venir". Le SNI exige "des aides concrètes".

La Libre Eco avec Belga
Près de la moitié des entreprises auraient encore un contrat d'électricité fixe.
Près de la moitié des entreprises auraient encore un contrat d'électricité fixe. ©Shutterstock

Un quart des PME et des indépendants subissent actuellement des pertes en raison des prix élevés de l'énergie, indique ce mardi Unizo sur la base d'une enquête menée auprès de 1 143 entreprises. L'organisation des indépendants souhaite un "cadre de soutien" pour les entreprises en difficulté. L'enquête montre qu'un tiers des entreprises ont vu leur facture de gaz doubler et un cinquième même tripler. Pour 22 % d'entre elles, les prix qu'elles paient pour l'électricité ont déjà au moins doublé. Et à peine 7 % des PME et des indépendants disent qu'ils peuvent ou osent répercuter l'augmentation des coûts sur leurs clients.

"Le pire est à venir, car actuellement près de la moitié des entreprises ont encore un contrat d'électricité fixe", explique Danny Van Assche. "Ils sont donc encore relativement protégés des récentes hausses de prix".

Un cadre de soutien

Unizo souhaite que les gouvernements réunis au sein du Comité de concertation (Codeco) prennent des mesures pour aider non seulement les familles mais aussi les entreprises pendant cette crise énergétique. "Outre le plafonnement du prix du gaz, il faut apporter rapidement un soutien ciblé aux entrepreneurs qui souffrent le plus de la hausse des coûts énergétiques", déclare Danny Van Assche, haut responsable.

Plus précisément, il souhaite que la Belgique suive l'Allemagne et la France dans la mise en œuvre d'un cadre européen de crise. Un tiers des PME et des indépendants pourraient en bénéficier. "Concrètement, on prendrait le prix moyen de 2021, qui serait doublé, et un soutien de 30 % serait accordé sur la partie supérieure au doublement", précise-t-il.

Le SNI exige des aides concrètes

Au-delà des quelques mesures prises pour aider les particuliers à faire face à la crise énergétique, le Syndicat neutre pour indépendants (SNI) estime également dans un communiqué qu'il "manque des aides concrètes pour les PME et les indépendants".

"Il existe différents moyens de soutenir les indépendants et les PME: un tarif spécial pour l'énergie, une augmentation des déductions fiscales pour la facture d'énergie ou un droit-passerelle sur le modèle de celui adopté durant la pandémie", développe le SNI. "C'est une situation extrême, qui dure depuis un certain temps et qui ne fait qu'empirer. Il n'y a pas que les entreprises qui consomment beaucoup d'énergie à se retrouver aujourd'hui en difficulté en raison de la hausse des prix", insiste le SNI. L'organisation de défense des indépendants se dit chaque jour submergée par les appels de plus en plus nombreux de ses membres inquiets. "La moitié des PME parle d'un doublement de la facture de gaz et près d'un tiers constate la même chose pour celle d'électricité."

En plus des pistes déjà citées, l'organisation ajoute que "les autorités disposent d'autres leviers pour agir directement sur la facture, notamment en supprimant temporairement certaines accises et taxes sur l'énergie comme la contribution pour le renouvelable", explique-t-elle.