L'arrêt du réacteur nucléaire Doel 3 bientôt irréversible

Son démantèlement sera inévitable.

La Libre Eco avec Belga
L'arrêt du réacteur nucléaire Doel 3 bientôt irréversible
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Plusieurs partis de la majorité en rêvaient encore, mais la mise sous cocon du réacteur nucléaire Doel 3 en vue d'éviter son démantèlement ne sera pas possible, annonce mercredi L'Echo, sur base des derniers échanges entre l'AFCN, le régulateur de la sûreté nucléaire, et Engie, l'opérateur et propriétaire des centrales. Vendredi dernier, le Conseil d'administration de l'AFCN et le Conseil scientifique des Rayonnements ionisants, un organe indépendant, ont en effet validé le plan de cessation d'activité présenté par Engie pour Doel 3, dont la mise à l'arrêt est prévue le 23 septembre prochain. En parallèle, "les opérations liées aux travaux préparatoires au démantèlement du réacteur ont été approuvées", a appris L'Echo à bonnes sources.

Parmi ces "travaux préparatoires", certaines opérations rendent irréversible l'arrêt du réacteur. En particulier, "on considère qu'à partir de la décontamination chimique du circuit primaire, la possibilité d'un redémarrage devient extrêmement compliquée, voire impossible", explique-t-on. La décontamination du circuit primaire est censée débuter une fois le combustible vidé et évacué du réacteur. D'après des sources de L'Echo, cette étape devrait débuter "dans les prochains mois" et rendrait toute perspective de redémarrage irréalisable.

L'argumentaire se fonde sur la sûreté nucléaire et semble empêcher la possibilité de laisser l'unité en stand-by, comme le fait l'Allemagne et comme le suggérait récemment le président de l'Open VLD Egbert Lachaert, soutenu par celui du CD&V Sammy Mahdi ainsi que par le vice-Premier ministre David Clarinval (MR), observe encore L'Echo.

Sur Twitter, le président du MR, a réagi à l'information estimant que "ce serait de la folie, de l'inconscience et de l'irresponsabilité". "Nous allons donc agir pour empêcher un arrêt définitif. J'en appelle à l'ensemble des partenaires du #begov à abandonner leur dogme. On ne peut pas demander d'économiser l'énergie et se priver d'un réacteur", ajoute Georges-Louis Bouchez.

De son côté, le président des libéraux flamands, Egbert Lachaert, estime qu'en temps de guerre, il n'appartient pas à un exploitant de centrales nucléaires de prendre des décisions qui vont à l'encontre de l'intérêt général. "Ce n'est pas le moment de prendre des décisions irréversibles au sujet de Doel 3 ou de toute autre source d'énergie", conclut-il.