Environ 13 % de l'aide publique au développement allouée par la Belgique serait de "l'aide fantôme"

Les organisations de la société civile qualifient d'aide "fantôme" tous les financements qui ne sont pas directement dépensés dans les pays dits "en développement".

La Libre Eco avec Belga
Environ 13 % de l'aide publique au développement allouée par la Belgique serait de "l'aide fantôme"
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Jusqu'à 13 % de l'aide publique au développement (APD) allouée par la Belgique l'an dernier constitue en réalité une "aide fantôme", estime le CNCD-11.11.11 dans son rapport annuel 2022, présenté mercredi à la presse. Les organisations de la société civile qualifient d'aide "fantôme" tous les financements qui ne sont pas directement dépensés dans les pays dits "en développement". Il s'agit essentiellement de frais dépensés pour l'accueil des personnes demandeuses d'asile, que l'OCDE autorise à comptabiliser comme aide publique au développement durant la première année de présence des personnes concernées, ce que conteste le CNCD. "Ce sont des dépenses évidemment légitimes et nécessaires", souligne Arnaud Zacharie, secrétaire général de l'organisation, mais elles sont déboursées en Belgique et n'aident donc pas les pays qui en ont besoin, estime-t-il.

Or, en 2021, avec 212 millions d'euros, 10 % de l'APD belge était constituée de ces financements à l'accueil des demandeurs d'asile, ce qui fait "gonfler artificiellement" l'aide totale belge, dénonce la coupole d'ONG. La part de cette aide dans le total est en outre le double de la moyenne internationale (5,2 %) et "le plus haut pourcentage de la classe européenne", relève-t-elle. "Cette tendance déjà inquiétante risque en plus de s'accentuer en 2022, suite à l'accueil de réfugiés ukrainiens", prévient le CNCD dans son rapport.

Les "coûts imputés des étudiants", soit des allocations forfaitaires de frais d'enseignement en fonction du nombre d'étudiants issus des pays du Sud faisant leurs études en Belgique, et les annulations de dette sont les deux autres composantes de cette aide dite "fantôme".

En additionnant les trois rubriques, l'aide fantôme représentait, en 2021, 12,6 % de l'APD belge (275 millions d'euros).

Le CNCD y ajoute cependant une nouveauté: le don de surplus de vaccins contre le Covid-19, qui a représenté 1,3 % de l'APD belge totale en 2021. En additionnant ce montant, l'aide fantôme atteint 13,8 % de l'APD belge, ou 303 millions d'euros.