Pour la FEB, les syndicats veulent "faire davantage pression sur les chefs d'entreprise pour qu'ils financent encore plus de pouvoir d'achat"

Le patronat a réaffirmé son opposition à modifier la loi de 1996 sur la norme salariale, un cadre qui permet de maintenir la Belgique concurrentielle par rapport aux Etats voisins.

La Libre Eco avec Belga
Pour la FEB, les syndicats veulent "faire davantage pression sur les chefs d'entreprise pour qu'ils financent encore plus de pouvoir d'achat"
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Les entreprises sont actuellement confrontées à des augmentations de coûts sans précédent, exacerbées par les prix élevés de l'énergie et des matières premières, rappelle mercredi la Fédération des entreprises de Belgique (FEB). Elle dénonce "la guerre de tranchées" que souhaitent mener les syndicats, descendus en nombre dans les rues de Bruxelles ce mercredi pour réclamer une revalorisation du pouvoir d'achat. Aux yeux de la FEB, les organisations de travailleurs veulent "faire davantage pression sur les chefs d'entreprise afin qu'ils financent encore plus de pouvoir d'achat, sous prétexte que les travailleurs n'ont pas reçu de réelles augmentations de salaire - car une indexation n'est pas une augmentation de salaire, selon les syndicats".

Le patronat a réaffirmé son opposition à modifier la loi de 1996 sur la norme salariale, un cadre qui permet de maintenir la Belgique concurrentielle par rapport aux Etats voisins. Les syndicats réclament au contraire une plus grande liberté de négociation de salaires au sein des entreprises. "Il est tout à fait illusoire de croire que ces augmentations seront accordées de manière responsable sur le terrain", rétorque la FEB.

Celle-ci se dit cependant prête à négocier avec les syndicats et le gouvernement afin de traverser la crise ensemble. "Les pays où une répartition équitable des difficultés entre les travailleurs, les employeurs et le gouvernement est réalisée par le biais de consultations tripartites résistent beaucoup mieux à la crise que les pays où ont constamment lieu des grèves ou des appels aux 'vendredis de la colère'."

L'Unizo, organisation flamande des indépendants qui fait aussi partie du Groupe des Dix, l'organe de concertation sociale, appelle également au dialogue. "Nous tendons la main aux syndicats et leur demandons d'arrêter leurs actions. Rejoignez-nous à la table des négociations pour travailler à des solutions."

L'organisation patronale flamande Voka se montre peu complaisante à l'égard de la manifestation syndicale de mercredi matin à Bruxelles. Elle estime que le pouvoir d'achat est protégé par l'indexation automatique des salaires, mais que ce procédé pèse aussi sur la compétitivité des entreprises belges. Le Voka plaide donc pour rouvrir le débat sur cette indexation automatique. Quand on sait que les trois présidents des grands syndicats du pays ont chacun scandé "pas touche à l'indexation salariale" dans leurs discours mercredi, les tranchées évoquées plus haut par la FEB ne sont pas près d'être rebouchées.