Pouvoir d'achat : les syndicats veulent d'autres actions après avoir mobilisé 10.000 personnes à Bruxelles

Thierry Bodson, le président de la FGTB, a même évoqué la possibilité d'actions intermédiaires.

La Libre Eco avec Belga
Thierry Bodson, de l'union socialiste.
Thierry Bodson, de l'union socialiste. ©Belga Image

Après la manifestation pour le pouvoir d'achat de mercredi, d'autres protestations syndicales semblent se profiler. Le 9 novembre, les syndicats veulent organiser une grève générale. Thierry Bodson, de l'union socialiste, a même évoqué la possibilité d'actions intermédiaires. "Le 9 novembre est encore loin. Nous devons envisager d'éventuelles étapes intermédiaires", a-t-il déclaré sur la place de la Monnaie, devant des milliers de militants syndicaux en vert, rouge et bleu.

L'action de mercredi s'inscrit dans le cadre de la revendication d'un pouvoir d'achat accru et de la résistance à la loi sur la norme salariale. L'inflation en Belgique atteint près de 10 %, en raison des prix élevés de l'énergie. "Des factures anticipées d'environ 600 euros par mois sont une impossibilité pour la majorité des citoyens", a déclaré M. Bodson. "Ce n'est pas que nous ne voulons pas payer, mais nous ne pouvons pas payer."

Le gouvernement fédéral a déjà présenté un ensemble de mesures visant à alléger les factures énergétiques, mais cela ne suffit pas aux syndicats. Le tarif social a été étendu à quelque 2 millions de personnes, mais selon Marc Leemans de l'ACV, il devrait être accordé automatiquement. Il a également préconisé de l'étendre à la classe moyenne inférieure. "Ils reçoivent maintenant 400 euros du gouvernement, mais cela ne représente qu'un douzième de la prestation du tarif social", a-t-il fait écho. "Et qu'en est-il de la période après novembre et décembre ?" Le syndicat libéral a également demandé que le tarif social soit accordé automatiquement et de manière permanente, et que les autres mesures soient prolongées au moins jusqu'en mars. "Ce sera nécessaire."

Puiser dans les bénéfices des grandes entreprises

Selon la FGTB, l'État devrait puiser des ressources supplémentaires dans les milliards de bénéfices des entreprises énergétiques. "Il faut rapidement taxer ces bénéfices excédentaires, qui sont illégaux. Nous pouvons le faire en tant que Belgique", a insisté M. Bodson, mais selon lui, c'est surtout la famille libérale qui fait obstacle.

La loi de 1996 sur la norme salariale, qui stipule que les salaires dans le secteur privé ne peuvent augmenter que dans une mesure limitée par rapport à l'indice, a également fait la Une des journaux mercredi. "Les employés ont également droit à une part du gâteau", a déclaré M. Leemans, qui estime que la "loi fictive" devrait disparaître, surtout une fois la crise passée.

Les employeurs ont été invités à "arrêter leur poker contre l'indice". "Ce sont vos entreprises qui augmentent les prix et font grimper l'indice. Avec l'indexation, personne ne s'enrichit, sans elle, tout le monde s'appauvrit, y compris la classe moyenne", a déclaré M. Leemans. Pour sa part, M. Bodson a appelé à bloquer les prix.