"Je n'improvise pas avec la sécurité nucléaire": le directeur de Doel 3 exclut toute relance éventuelle du réacteur

Doel 3 sera déconnecté vendredi mais Annelies Verlinden préférait temporiser.

La Libre Eco avec Belga
L'entretien des réacteurs nucléaires est nécessaire pour assurer la sécurité.
L'entretien des réacteurs nucléaires est nécessaire pour assurer la sécurité. ©Jean-Luc Flemal

En théorie, le démantèlement prévu du réacteur nucléaire de Doel 3 - qui sera déconnecté du réseau vendredi - pourrait être reporté de quelques années supplémentaires. Mais dans la pratique, c'est pratiquement impossible. C'est ce qu'affirme le directeur de la centrale, Peter Moens. Après 40 ans, Doel 3, le réacteur nucléaire de 1 000 MW située sur les rives de l'Escaut, sera donc bel et bien débranchée. C'est la première fois qu'une centrale nucléaire de notre pays est mise hors service. "Nous nous préparons depuis quatre ans", a commenté Peter Moens.

À l'approche de l'échéance finale, il a été suggéré au sein du gouvernement de suspendre les préparatifs de démantèlement pendant un certain temps afin d'éviter de prendre des mesures irréversibles. La semaine dernière, la ministre de l'Intérieur Annelies Verlinden (CD&V) a demandé à l'AFCN si le démantèlement du réacteur nucléaire Doel 3, appartenant à Engie Electrabel, pouvait être reporté en toute sécurité. Ce qui permettrait éventuellement de redémarrer la centrale à une date ultérieure.

Le combustible nucléaire : "Ce n'est pas quelque chose qui sort de l'étagère du Brico."

En théorie, un tel report est possible. Si la prise est tirée vendredi, la phase d'arrêt commencera. Il s'agit d'une période de cinq ans pendant laquelle le réacteur est déchargé, les éléments combustibles du réacteur sont refroidis et la centrale est décontaminée de toutes les particules radioactives. "Dans cette phase d'arrêt de cinq ans, il ne se passe rien qui soit techniquement irréversible", explique Moens. Rien n'est définitif avant le démantèlement officiel de la centrale, c'est-à-dire la dernière phase.

Mais un report ou une inversion du processus d'arrêt qui serait en cours depuis quatre ans ne serait "ni sage ni souhaitable", a déclaré M. Moens. Ce n'est pas évident sur le plan technique, ni sur le plan organisationnel. Par exemple, la commande de combustible seule prendrait 36 mois. "Ce n'est pas quelque chose qui sort de l'étagère du Brico." Autre exemple, la formation des opérateurs qui conduisent Doel prendrait trois ans à elle seule.

De plus, au niveau du personnel, le report est également pratiquement impossible. Certains des travailleurs ont déjà reçu d'autres perspectives en vue de la fermeture de Doel 3. Le fait de "tout mettre sens dessus dessous" n'est pas évident. "La sécurité nucléaire est aussi une question d'organisation stable".

Pour le directeur de la centrale nucléaire, donc, c'est clair. "La voie du report n'est pas dans notre planning. On ne nous l'a pas demandé non plus, d'ailleurs. Nous n'avons pas l'intention de la relancer. Je n'improvise pas avec la sécurité nucléaire."