Le pétrole dégringole avec les craintes de récession, le WTI sous 80 dollars

Les fortes hausses du dollar rendent le pétrole plus cher pour les acheteurs qui utilisent d'autres monnaies, ce qui peut peser sur la demande.

La Libre Eco avec AFP
Le pétrole dégringole avec les craintes de récession, le WTI sous 80 dollars
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Les cours du pétrole brut dévissaient vendredi, le WTI coté à New York plongeant sous 80 dollars le baril pour la première fois depuis janvier, plombé par le rouleau-compresseur du dollar et les craintes de récession mondiales.

Vers 13H10 GMT (15H10 à Paris), le baril de West Texas Intermediate (WTI) américain pour livraison en novembre, chutait de 4,35 % à 79,85 dollars.

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison le même mois baissait de 3,68 %, à 87,15 dollars.

"La menace d'une récession mondiale continue de peser sur les prix du pétrole, le resserrement monétaire généralisé de ces deux derniers jours alimentant les craintes d'un coup dur pour la croissance", commente Craig Erlam, analyste chez Oanda.

De quoi accentuer la tendance baissière du brut en plombant la demande. Mercredi, la Réserve fédérale américaine (Fed) a notamment procédé à un fort tour de vis de 0,75 point de pourcentage afin de juguler l'inflation.

Elle ouvrait ainsi le bal d'une semaine de hausses des taux de nombreuses banques centrales à travers le monde, à l'exception du Japon ou encore de la Turquie. En parallèle, le dollar continue de toucher de nouveaux sommets face aux autres devises, bénéficiant d'une économie américaine qui résiste plus que prévu et de son statut de valeur refuge en période de tensions géopolitiques.

Or, les fortes hausses du dollar rendent le pétrole plus cher pour les acheteurs qui utilisent d'autres monnaies, ce qui peut peser sur la demande. C'est notamment le cas "des géants asiatiques importateurs d'énergie" comme la Chine et l'Inde, dont les monnaies "ont été parmi les moins performantes par rapport au dollar", explique Stephen Brennock, de chez PVM Energy.

La vigueur du billet vert est partie pour durer, ajoute l'analyste, vu l'escalade des risques géopolitiques concernant l'Ukraine. Des référendums d'annexion par la Russie ont débuté vendredi dans des régions d'Ukraine contrôlées entièrement ou en partie par Moscou, marquant une nouvelle étape du conflit.

L'ex-président russe et numéro deux du Conseil de sécurité du pays, Dmitri Medvedev, a rappelé jeudi sur Telegram que son pays est prêt à une frappe nucléaire. Mais les analystes rappellent que la guerre en Ukraine menace toujours la sécurité de l'approvisionnement énergétique.

"Avec un accord sur le nucléaire iranien peu probable, la fin des libérations des réserves stratégiques de pétrole (américaines, NdlR) et la réduction imminente des importations russes par l'UE, tout est en place" pour un choc de l'offre massif, et par conséquent une flambée des prix du pétrole, conclut M. Brennock.