Les Pays-Bas assurent leurs arrières et décident d'extraire du gaz du gisement Groningue, malgré les risques de séismes

Les Pays-Bas ne s'attendent pas à une pénurie de gaz au cours de l'hiver prochain, mais ils se préparent à l'éventualité.

La Libre Eco avec Belga
Les Pays-Bas assurent leurs arrières et décident d'extraire du gaz du gisement Groningue, malgré les risques de séismes
©Olivier Polet

Les Pays-Bas ont annoncé lundi qu'une "quantité minimale" de gaz sera extraite à partir du mois prochain du gisement dans la région de Groningue (nord), qui connaît fréquemment des tremblements de terre en raison de son exploitation . Le gouvernement a précisé vouloir fermer définitivement le robinet "à l'automne 2023, au plus tard d'ici 2024", mais "si la situation géopolitique le permet".

"On craint toujours que la Russie ne ferme complètement le robinet de gaz vers l'Europe pendant une période plus longue", a expliqué l'exécutif dans un communiqué séparé.

Pas de pénurie en vue mais les Pays-Bas se préparent à toutes éventualités

Même en cas de coupure du robinet russe, les Pays-Bas ne s'attendent pas à une pénurie de gaz au cours de l'hiver prochain, mais ils se préparent à l'éventualité, selon le gouvernement. Le gisement sera donc à partir du 1er octobre sur "flamme pilote" : une "quantité minimale de gaz sera extraite", soit 2,8 milliards de mètres cubes pour l'année gazière à venir.

Cela représente aussi la quantité minimale de gaz à extraire pour faire fonctionner les sites et les infrastructures existants afin que le gisement soit "une ressource de réserve pour des situations exceptionnelles", a souligné l'exécutif. L'année précédente, 4,5 milliards de mètres cubes avaient été extraits du gisement. En 2017-2018, plus de vingt milliards de mètres cubes avaient été extraits. Depuis 1986, les habitants de la région bordant le plus grand gisement de gaz naturel d'Europe ont subi une série de séismes dus aux poches de vide formées lors de l'extraction de gaz.

Le robinet devait être coupé

Les Pays-Bas avaient en 2020 prévu la coupure définitive du robinet en 2022 mais, "en raison de la situation géopolitique incertaine, aucun lieu de production ne fermera en hiver". L'exécutif a à nouveau souligné lundi, deux jours après qu'un séisme de magnitude 2,7 a été ressenti dans un village à proximité du gisement, que son exploitation ne sera ré-envisagée "seulement s'il n'y a vraiment pas d'autre moyen".