Doel 2 s'est arrêté à la suite d'une baisse de puissance du réacteur : un incident "inhabituel", selon Damien Ernst

C'est le deuxième réacteur nucléaire qui tombe en panne cette semaine.

C'est le deuxième réacteur nucléaire à se met à l'arrêt en peu de temps.
C'est le deuxième réacteur nucléaire à l'arrêt en peu de temps. ©BORTELS CHRISTOPHE

Nos confrères du Standaard ont annoncé qu'après Tihange 3, c'était au tour de Doel 2 d'être à l'arrêt. Pour le moment, Engie, le propriétaire du réacteur nucléaire, a fait état d'une indisponibilité d'un seul jour. Mais on sait qu'après un problème technique, c'est souvent ce délai qui est annoncé au marché. "On ne peut pas exclure que l'indisponibilité soit plus longue, a d'ailleurs confirmé Anne-Sophie Hugé, porte-parole d'Engie. Mais pour le moment, c'est notre estimation".

Doel 2 s'est arrêté automatiquement, suite à une baisse de puissance dans le réacteur. "Une barre de contrôle est descendue, ce qui a provoqué la baisse de puissance dans le réacteur, explique Anne-Sophie Hugé. L'arrêt automatique a eu lieu conformément à la procédure". C'est un court-circuit dans la salle de commandes qui a provoqué la chute inopinée de la barre de contrôle, précise la porte-parole d'Engie.

Selon Damien Ernst, professeur à l'ULiège, la chute inopinée d'une barre de contrôle d'un réacteur nucléaire est un incident assez "inhabituel". "Ce n'est pas courant, un court-circuit sur ces électroaimants", explique-t-il. Dans le cas qui nous occupe, la chute de la barre est donc la cause de l'arrêt du réacteur. Dans d'autres cas plus habituels, un problème ailleurs fait tomber la barre de contrôle afin de provoquer l'arrêt automatique du réacteur.

"Les barres de contrôle sont maintenues en haut du réacteur avec un électroaimant, ajoute Damien Ernst. C'est un système de sécurité passif. Quand il n'y a pas de courant, la barre tombe et arrête le réacteur. La chute inopinée d'une seule barre entraîne une variation suffisante du flux neutronique externe pour entraîner un arrêt d'urgence qui fait chuter toutes les barres".

Les écologistes ont demandé de réunir la sous-commission "sécurité nucléaire" de la Chambre, "afin de connaître les causes exactes de l'incident sur Doel 2".

Tihange 3 aussi à l’arrêt

Rappelons que Tihange 3 a également été touché par un arrêt inattendu, le 3 octobre dernier. Le plus jeune réacteur hutois devrait redémarrer le 15 octobre. Pour rappel, une baisse de pression dans le générateur de vapeur avait provoqué cet arrêt de Tihange 3.

Engie assure qu’il peut couvrir la consommation de ses propres clients, en dépit de la perte de Tihange 3 et Doel 2. Du côté d’Elia, le gestionnaire du réseau, on estime qu’il n’y a pas à ce stade de problème de sécurité d’approvisionnement.