Primes énergie, aides, taxes... : voici les mesures budgétaires prises par le gouvernement wallon

Le gouvernement wallon tient une conférence de presse pour présenter ses mesures pour le budget wallon 2023.

Comment soutenir l'économie, les citoyens, tout en réduisant les dépenses ? La question est complexe. Le gouvernement wallon s'est livré à cet exercice périlleux et présente sa copie pour le budget 2023, lors d'une conférence de presse qui a démarré à 15h ce vendredi, à Namur.

C'est Elio Di Rupo, le ministre-président wallon (PS), qui a entamé la présentation.

"Nous avons réussi à maîtriser le budget tout en apportant une réponse à la crise énergétique, dans une dynamique générale avec l'Union européenne et le niveau fédéral", a-t-il annoncé en guise d'introduction, avant de poursuivre: "Nous avons connu le Covid, les inondations et la guerre, ce qui a coûté une dizaine de milliards d'euros, nous avons donc dû maîtriser l'évolution du déficit de la dette."

"Le gouvernement avance 3 milliards d'euros pour faire face à la crise énergétique, notamment via une sollicitation des GRD (gestionnaires de réseaux, NdlR)", a-t-il poursuivi.

Adrien Dolimont, ministre du Budget (MR), a poursuivi la présentation avec le détail des mesures les plus urgentes. Les voici:

  • Il y a les mesures d'aides directes aux indépendants et aux entreprises.
  • Les mesures ciblées en matière de facilité de paiement et de prêts pour les entreprises.
  • Indexation des APE (aides à la promotion de l'emploi).
  • La non indexation des loyers des passoires énergétiques. La mesure sera appliquée à partir du 1er novembre. Pour les PEB A, B et C, il y aura indexation. Pour les PEB D, ils seront indexés à 75%. Pour le PEB E, à 50% et les passoires énergétiques ne seront pas indexées.
  • Le maintien de l'indexation des allocations familiales.
  • La non augmentation de la facture des déchets pour les citoyens.
  • Une aide mobilité pour les aides familiales et aides ménagères.

Parmi les mesures à moyen et long terme:

  • Une réforme et augmentation des primes énergie.
  • Une prime à la formation pour les demandeurs d'emplois.
  • Augmentation des budgets Renopack/Ecopack.
  • Aides aux audits énergétiques des entreprises.
  • Soutien à l'accès à la propriété.

Pour trouver de quoi financer ces mesures, le gouvernement mobilise 703 millions d'euros depuis les réserves de ses organismes régionaux et réalise une économie structurelle de 400 millions d'euros. Ce qui représente un effort structurel largement supérieur que prévu. Cela passe par une réduction de 8 % des indemnités ministérielles, pour être "exemplaires en la matière", une réduction des dépenses dans toutes les administrations et certains secteurs. Il y a également une réforme du dispositif des chèques entreprises, une optimisation de la mobilité interne dans la fonction publique, une optimisation de la perception des amendes administratives, etc.

"La liste n'est pas exhaustive mais on arrive bien à ce niveau d'économie", avance Adrien Dolimont.

Au niveau du plan de relance, il y aura une priorisation dans les projets. Autre élément important, "il n'y aura pas de nouvelles taxes", a terminé le ministre du Budget à la fin de la présentation des grandes lignes du budget wallon 2023.

Le ministre de l'Energie, Philippe Henry (Ecolo), précise que les mesures de taxation des GRD concernent le renouvelable, car il s'agit d'une compétence régionale, mais rappelle qu'il y aura les mesures fédérales et européennes à prendre en compte par la suite.

"Les phénomènes d'aubaine, dans les dispositifs à l'emploi ou les chèques entreprises, seront supprimés de manière structurelle", a encore précisé Elio Di Rupo, pour préciser les mesures d'économie dans le budget.

Pour les aides aux entreprises, le ministre de l'Economie précise que cela représente 505 millions d'euros. A travers plusieurs dispositifs, dont principalement les prêts à taux réduits, à taux zéro ou les garanties (300 millions), et les aides directes aux indépendants et entreprises, dont les PME (175 millions. Celles-ci peuvent bénéficier d'une intervention à condition que leur facture énergétique ait doublé et soit d'au moins 7500 euros annuels) ainsi que la transition carbone (30 millions d'euros).