Le Qatar va fournir du gaz à la Chine sur le long terme

Le Qatar a annoncé lundi un accord d'approvisionnement en gaz naturel liquéfié (GNL) avec la Chine sur 27 ans, affirmant qu'il s'agissait de "la plus longue durée" jamais vue dans cette industrie, en pleine crise mondiale de l'énergie provoquée par la guerre en Ukraine

FILE - This undated file photo shows a Qatari liquid natural gas (LNG) tanker ship being loaded up with LNG, made up mainly of methane, at Raslaffans Sea Port, northern Qatar. Qatar is home to roughly 2.6 million people, but a tiny fraction of that — around 12% — are Qatari citizens. They enjoy massive wealth and benefits fueled by Qatar's shared control of one of the world's largest reserves of natural gas. (AP Photo, File)

Cette annonce intervient alors que l'Europe cherche à se tourner vers des alternatives aux hydrocarbures russes, sans être parvenue à un tel accord avec le riche émirat gazier du Golfe.

L'entreprise publique Qatar Energy exportera chaque année quatre millions de tonnes de GNL provenant de son nouveau projet North Field East à Sinopec (China Petroleum and Chemical Corporation), a déclaré lors d'une conférence de presse Saad Sherida Al-Kaabi, ministre de l'Energie du Qatar.

L'accord s'étend sur "la plus longue durée dans l'histoire de l'industrie du GNL", s'est félicité le responsable, qui est également directeur général de Qatar Energy.

L'Asie (Chine, Japon et Corée du Sud en tête) constitue le principal marché pour le gaz du Qatar, de plus en plus courtisé par les pays européens depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

Mais les négociations avec les Européens ont été difficiles, l'Allemagne et d'autres pays ayant refusé de signer le type d'accords à long terme conclus par le Qatar avec les pays asiatiques.

"Qatar Energy a beaucoup de GNL à commercialiser, entre l'expansion de North Field East et les contrats qui arrivent à échéance, mais l'entreprise est très confiante en ce qui concerne la demande", souligne à l'AFP Ben Cahill, du centre de réflexion basé à Washington, Center for Strategic and International Studies (CSIS).

Avec des acheteurs "préoccupés par la sécurité énergétique", et cherchant à se préserver des volumes "à partir du milieu de la décennie", la compagnie du Qatar "n'a pas besoin de signer autre chose que des contrats de long terme", explique le chercheur spécialiste du secteur de l'énergie.

"Relations excellentes"

North Field, qui comprend North Field South et North Field East, est au centre de la stratégie du Qatar d'accroissement de sa production de GNL de plus de 60%, pour atteindre 126 millions de tonnes par an d'ici 2027.

Le Qatar est déjà l'un des principaux producteurs de gaz naturel liquéfié (GNL) au monde, avec les Etats-Unis et l'Australie.

Le champ offshore North Field est le plus grand gisement de gaz naturel au monde que le Qatar partage avec l'Iran.

La Chine est le premier pays à conclure un accord d'approvisionnement concernant la partie North Field East.

S'exprimant en visioconférence depuis Pékin, le président de Sinopec, Ma Yongsheng, a qualifié cet accord d'"historique", soulignant que "le Qatar est le plus important fournisseur de GNL au monde et la Chine en est le plus grand importateur".

Il a par ailleurs annoncé avoir "officiellement" demandé en octobre 2021 une participation au projet North Field South, pour le moment dominé par les géants énergétiques occidentaux: l'américain ConocoPhillips, le français TotalEnergies et le britannique Shell.

Ces trois entreprises détiennent 25% des parts du projet North Field South, 75% restant aux mains de Qatar Energy.

Une prise de parts de North Field South par la Chine, "renforcerait davantage les relations excellentes" entre Pékin et Doha, a estimé M. Kaabi.

Déjà très importantes, les relations économiques entre la Chine et les pays du Golfe, des partenaires stratégiques des Etats-Unis et des Européens, se sont particulièrement renforcées ces dernières années.