La croissance mondiale ralentira les deux prochaines années, prédit l'OCDE

L'OCDE donne la priorité à la lutte contre l'inflation pour relancer la croissance.

Décroissance mondiale
L'économie mondiale aurait subi sa plus grave crise énergétique depuis les années 1970. ©Shutterstock

La croissance économique dans le monde ralentit sous l'effet de l'inflation, constate mardi l'OCDE dans ses dernières prévisions, préconisant une poursuite de la hausse des taux d'intérêt et des aides gouvernementales plus ciblées pour en venir à bout.

Selon ses dernières projections, la hausse du produit intérieur brut (PIB) mondial devrait atteindre 3,1% cette année, soit à peine plus de la moitié des 5,9% réalisés l'an dernier.

La baisse se poursuivra l'an prochain avec une croissance qui plafonnera à 2,2%, avant de remonter à 2,7% en 2024, prédit l'organisation qui a très légèrement relevé sa projection pour 2022 par rapport à septembre, tout en maintenant inchangée celle pour l'an prochain.

Sur fond de guerre en Ukraine, "la croissance est en berne, l'inflation élevée est persistante, la confiance s'est érodée et l'incertitude est élevée", constate l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), une organisation qui regroupe 38 Etats, les pays développés et certains émergents.

"L'économie mondiale subit sa plus grave crise énergétique depuis les années 1970", d'après l'économiste en chef par intérim de l'OCDE, Alvaro Santos Pereira.

"Le choc énergétique a amené l'inflation à des niveaux inédits depuis plusieurs décennies et fait baisser la croissance partout à travers le monde", poursuit l'économiste.

La hausse des prix devrait atteindre 8% au quatrième trimestre cette année dans les pays du G20, qui regroupe les principales économies de la planète, avant de retomber à 5,5% en 2023 et 2024, selon les projections de l'organisation.

"Meilleur calibrage"

Signe positif, certaines pressions inflationnistes se sont atténuées durant l'année écoulée, alors que des chaînes d'approvisionnement perturbées pendant la pandémie de Covid-19 ont été restaurées, et que les coûts du fret maritime, qui s'étaient envolés, sont retombés.

M. Santos Pereira explique que le scénario le plus probable envisagé par l'OCDE "n'est pas une récession mondiale, mais un net ralentissement de l'économie mondiale en 2023, ainsi qu'une inflation toujours élevée, mais déclinante dans de nombreux pays".

Pour venir à bout de la crise, l'OCDE prône "une poursuite du resserrement de la politique monétaire pour combattre l'inflation" tout en estimant que "le soutien budgétaire doit devenir plus ciblé et temporaire".

"Un meilleur calibrage" des aides "est souvent nécessaire pour assurer que le soutien n'est que temporaire et concentré sur les ménages et les entreprises les plus vulnérables, et maintient des incitations à réduire la consommation d'énergie".

"Accélérer l'investissement pour adopter et développer des sources d'énergie et des technologies propres sera crucial pour diversifier l'offre et assurer la sécurité énergétiques", affirme encore M. Santos Pereira.

Enfin, les conséquences de la guerre en Ukraine qui a débuté il y a neuf mois, "constituent toujours une menace pour la sécurité alimentaire mondiale, surtout lorsqu'elles s'ajoutent à de nouveaux évènements météorologiques extrêmes résultants du changement climatique", explique l'organisation.