En Turquie, la banque centrale abaisse de nouveau son taux à 9 %

Stables cette année jusqu'à l'été, les taux d'intérêt ont été abaissés chaque mois, alors que l'inflation s'accélérait simultanément.

Turkish President Recep Tayyip Erdogan attends a joint press conference with Cuban President in Ankara, on November 23, 2022. (Photo by Adem ALTAN / AFP)
Le président Erdogan, qui dit privilégier la croissance et l'emploi à la stabilité des prix, avait prévenu qu'il souhaitait voir "des taux à un chiffre d'ici la fin de l'année". ©AFP or licensors

La banque centrale turque a abaissé jeudi pour le quatrième mois consécutif son principal taux directeur, le ramenant de 10,5% à 9%, suivant le souhait du président turc Recep Tayyip Erdogan et malgré l'inflation.

Après cette baisse, le Conseil de la banque centrale estime que le taux directeur est arrivé "à un niveau suffisant au regard des risques croissants concernant la demande mondiale", a précisé l'institution dans un communiqué.

Le Conseil a donc "décidé de mettre fin au cycle de baisse des taux d'intérêt entamé en août", a ajouté la banque centrale.

Le président Erdogan, qui dit privilégier la croissance et l'emploi à la stabilité des prix, avait prévenu qu'il souhaitait voir "des taux à un chiffre d'ici la fin de l'année".

L'an dernier, les taux d'intérêt étaient passés de 19% en septembre à 14% en décembre.

Stables cette année jusqu'à l'été, ils ont été, depuis, abaissés chaque mois, alors que l'inflation s'accélérait simultanément.

A rebours des théories économiques classiques, le chef de l'Etat, qui cherchera à être réélu en juin prochain, affirme que les taux d'intérêt élevés favorisent l'inflation.

Mais sa politique monétaire hétérodoxe a contribué à la chute de la livre turque, qui a perdu 28,5% de sa valeur face au dollar depuis le 1er janvier, après avoir fondu de 44% l'an dernier.

Dans ce contexte, la hausse des prix à la consommation a atteint 85,5% sur un an en octobre, au plus haut depuis 1998.

Ces chiffres officiels sont toutefois contestés par les économistes indépendants du Groupe de recherche sur l'inflation (Enag), qui mesurent l'inflation à plus de 185% sur douze mois.