Baisse de la TVA sur l'énergie : "L'équilibre budgétaire, ce ne sera pas avant 5 ou 10 ans"

Les propos du président du PS vont à l'encontre de ceux du Premier ministre Alexander De Croo.

Charleroi - Hotel de ville de Charleroi: Paul Magnette (PS) - Président du Parti socialiste et Bourgmestre de la ville de Charleroi. A Charleroi le mercredi 21 septembre 2022. (JC Guillaume)
"M. De Croo lui-même a dit que nous allions avoir cinq à dix hivers difficiles, et donc l'équilibre budgétaire sur la TVA, ce ne sera pas avant 5 ou 10 ans", a estimé Paul Magnette. ©JC Guillaume

Le président du parti socialiste Paul Magnette a écarté l'idée que la baisse de la TVA sur l'énergie soit neutralisée budgétairement par une réforme des accises, comme défendu encore jeudi par le Premier ministre Alexander De Croo.

Interrogé vendredi sur le plateau de BX1 lors de l'émission +d'Actu, le Carolo a été très clair. "On va devoir aider les citoyens aussi longtemps que les prix sont élevés, M. De Croo lui-même a dit que nous allions avoir cinq à dix hivers difficiles, et donc l'équilibre budgétaire sur la TVA, ce ne sera pas avant 5 ou 10 ans", a-t-il assuré.

Interrogé à la Chambre jeudi, M. De Croo avait indiqué que la baisse de la TVA de 21 à 6 % pour l'énergie décidée par le gouvernement respecterait le principe d'une neutralité budgétaire grâce à une réforme des accises. Le chef du gouvernement avait indiqué qu'un projet de loi du ministre des Finances, Vincent Van Peteghem (CD&V), était attendu le mois prochain pour mettre en oeuvre, par étapes, de cette réforme sur une période d'un an, avait-il défendu. "En vitesse de croisière, ce sera globalement neutre d'un point de vue budgétaire", avait assuré M. De Croo.

Cette neutralité budgétaire ne plaît pas à tout le monde dans la majorité. Mardi, les socialistes et les écologistes l'avaient déjà remise en cause.

Aux yeux des premiers, il n'est pas question de "reprendre d'une main ce que l'on a donné de l'autre" pour aider les ménages et, pour les seconds, l'opération ne constitue pas "une mesure budgétaire". Le PS n'avait d'ailleurs pas applaudi l'intervention du Premier ministre jeudi à la Chambre.