Spatial : l'Europe va présenter une stratégie de défense en quatre piliers

Sur les 5.500 satellites actuellement en orbite, près de 10% sont des satellites militaires.

FILE - This satellite image made available by NOAA shows cloud cover over North America on Dec. 21, 2022, at 1:31 p.m. The nation’s largest public utility has appointed an independent panel to look into power failures that spurred the decision to implement rolling blackouts during dangerously cold conditions late last year, Tennessee Valley Authority announced Thursday, Jan. 19, 2023. (NOAA via AP, File)

La Commission européenne présentera en mars une stratégie spatiale de sécurité et de défense afin notamment de mieux protéger ses intérêts dans l'espace et de renforcer sa coopération avec l'Otan, a annoncé mardi le commissaire européen au Marché intérieur Thierry Breton.

"Dans le contexte géopolitique actuel, nous devons améliorer la posture stratégique de l'Union pour pouvoir défendre nos intérêts, protéger nos systèmes et services spatiaux et devenir une puissance spatiale plus affirmée", a-t-il déclaré à l'occasion de la Conférence spatiale européenne qui s'est ouverte à Bruxelles.

L'invasion russe de l'Ukraine a sonné comme un "signal d'alarme", a abondé le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell, pour lequel il s'agit d'examiner "concrètement à quel point les actifs et services spatiaux sont essentiels".

Sur les 5.500 satellites actuellement en orbite, près de 10% sont des satellites militaires, "mais beaucoup d'autres sont à double usage (civil et militaire) et fournissent des informations cruciales pour notre sécurité et notre défense", a rappelé M. Borrell.

La stratégie spatiale européenne reposera sur quatre piliers, a détaillé M. Breton, qui est également chargé des questions spatiales.

Les quatre piliers

Le premier vise à renforcer "la résilience et la sécurité des systèmes spatiaux nationaux et commerciaux de l'UE", le deuxième à "renforcer la capacité de l'Union à répondre aux menaces", a-t-il énuméré sans plus de détails.

Le troisième pilier doit permettre d'accroître le recours au spatial pour les opérations de défense, au travers de l'observation de la Terre et de la connaissance du trafic spatial, et à intensifier la coopération avec les partenaires, notamment l'Otan.

Le dernier pilier concerne la mise en oeuvre d'une future "loi spatiale de l'UE" qui établira des "règles communes sur la sûreté, la sécurité et la durabilité de nos systèmes", a ajouté M. Breton, soulignant que dix des 27 Etats membres avaient déjà mis en place des régulations nationales.

"Nous risquons d'être confrontés à des règles nationales divergentes, ce qui aurait un impact négatif sur la compétitivité de notre industrie ainsi que sur notre sécurité", a-t-il estimé.

L'Europe, qui cherche à développer son propre écosystème spatial et son financement, a en outre lancé mardi un "index" des sociétés spatiales européennes cotées en Bourse.

Cet index "permettra aux investisseurs et aux acteurs de la finance de suivre les performances financières" de ces entreprises, a précisé dans un communiqué l'agence spatiale européenne (ESA, 22 Etats membres), qui a développé le projet avec la Commission européenne.

"La Commission européenne et l'ESA forment une équipe européenne, avec les industriels, les Etats membres et le Parlement européen. Personne ne peut se mettre entre nous", a assuré Timo Pesonen, directeur pour la Direction générale Défense, Industrie et Espace de l'UE.

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