Le lanceur européen Vega devait, mercredi, mettre en orbite deux satellites, l’un français, l’autre espagnol. Mais la mission ne s’est pas déroulée comme prévue. Après 8 minutes, le lanceur Vega a dévié de sa trajectoire et s’est écrasé en mer. Un échec de 315 millions d’euros. "C'est un événement terrible, nous avons perdu une beauté de technologie et 15 ans de travail acharné", a alors réagi Lionel Suchet, directeur général délégué du CNES (Centre national d'études spatiales français). Des propos relayés par l’AFP.

Deux échecs en 2 ans pour un total de 615 millions d’euros

Ce n'est pas la première fois que cela arrive. En juillet 2019, Vega devait également lancer un satellite. En deux minutes, la fusée a explosé avec son contenu, évalué à 300 millions d’euros. Encore une erreur de trajectoire mais dont l’origine diffère. Selon la Commission d’enquête chargée de faire la lumière sur cet incident, le problème venait du moteur qui a entraîné la destruction de la fusée au-dessus de l’océan. Alors que ce second échec serait lui, la conséquence d’un défaut de fabrication du lanceur au moment de son assemblage en Italie. “L’erreur ne vient pas de la conception, mais de la production", a expliqué le PDG d’Arianespace, Stéphane Israël, lors d’une conférence de presse. Mais cela reste encore à confirmer par une enquête.

Ce second incident fait grimper à 11,7 le taux d’échec des missions de Vega. Des chiffres avancés par Libération. Néanmoins, précisons que cet incident n’est que le second sur 14 succès depuis la création du lanceur européen en 2012.

Le secteur spatial européen sous pression face à la concurrence

Cet incident arrive au plus mauvais moment pour le secteur spatial européen. La concurrence est rude. Le même jour que l’incident, SpaceX, qui travaille pour le compte de la NASA, annonçait lui le succès de sa mission. L’entreprise américaine est parvenue à envoyer quatre astronautes dans l’espace. Un succès marqué par l’arrimage de la fusée à la station spatiale internationale.

La concurrence est forte dans le secteur spatial depuis que des opérateurs privés collaborent avec les Etats. Ils développent leurs propres technologies et services. Et ils sont nombreux : SpaceX, Blue Origin, Virgin Galactic, Airbus, Thales,… A côté des anciens comme les Etats-Unis, la Russie ou encore les pays européens, s’ajoutent aussi les autres Etats comme la Chine qui se sont eux lancés dans la course spatiale. Une course spatiale qui comporte des enjeux financiers et stratégiques énormes.

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