"L'industrie de la mode est confrontée à une très sérieuse tempête pour la troisième saison consécutive. En raison des fermetures répétées des commerces non essentiels au cours des saisons précédentes et des mesures restrictives qui ont été encore renforcées cette saison, de plus en plus de détaillants de mode sont menacés de faillite."

C'est par ces mots que commence l'appel à l'aide lancé par le secteur de la mode aux pouvoirs publics. Après des interpellations des fédérations Mode Unie et Creamoda, ce sont les marques elles-mêmes qui prennent cette fois la parole. Sous l'impulsion de Peter Perquy (CEO de Duror Fashion Group) et Mimi Lamote (CEO de Mayerline), 56 CEO ont signé et publié une lettre à l'attention de la ministre flamande Hilde Crevits (CD&V, Economie et Emploi), du ministre fédéral Vincent Van Peteghem (CD&V, Finances), du ministre fédéral David Clarinval (MR, Classes moyennes, Indépendants et PME) et du ministre fédéral Pierre-Yves Dermagne (PS, Economie).

Besoin urgent de soutien

Dans cette lettre, le secteur met en avant les difficultés croissantes qui le touchent, et lie en partie son destin à celui de l'Horeca. "Nous devons faire face à un énorme problème de trésorerie, en partie à cause de la longue fermeture du secteur Horeca, l’affluence des magasins a diminué à tel point que chaque magasin de mode doit faire face à des stocks importants qui perdent rapidement de la valeur", pointent du doigt les signataires.

Ils demandent donc, pour faire face, quatre mesures de soutien aux autorités : "Une prolongation de la mesure de chômage temporaire, que le double droit passerelle dont bénéficient certains secteurs soit également accordé aux boutiques de mode, une augmentation de la déduction fiscale des excédents de stocks accumulés à la suite des mesures, et l’utilisation progressive du mécanisme de protection flamand."

Protéger les marques et les emplois belges

Les patrons soulignent l'importance de voler au secours des boutiques et travailleurs de chez nous. "Il est essentiel pour la survie du paysage de la mode belge que le gouvernement prenne des mesures supplémentaires de toute urgence. Si ce n’est pas le cas, seules quelques grandes chaînes internationales subsisteront grâce à leur taille et à leurs moyens, alors que les milliers de boutiques locales qui donnent si joliment vie à nos rues commerçantes disparaîtront."