L'accès plus large au marché chinois, la mise en place de conditions de concurrence plus équitables et l'instauration de normes relatives au droit du travail et à l'environnement constituent des éléments positifs aux yeux de la cheffe de la diplomatie belge, en charge du Commerce extérieur.

Néanmoins, la Belgique déplore que l'accord ne comporte aucun chapitre sur la question de la protection des investissements. Ce chapitre, qui comporte notamment la délicate question de la mise en place d'un organe de règlement des différends entre un Etat et un investisseur, a été remis à une négociation ultérieure. Mme Wilmès (MR) s'interroge aussi sur de nombreux points dans le domaine de l'énergie.

L'accord sur les investissements a été conclu fin décembre après des années de négociations. Il vise à garantir aux entreprises un cadre stable pour le commerce et les investissements sur les marchés européen et chinois. Les Européens espèrent qu'il permettra de rééquilibrer les relations avec la Chine.

Considéré comme une victoire diplomatique pour Pékin, l'accord a été vilipendé par des ONG ainsi que par le Parlement européen, qui sera amené à voter. Selon les eurodéputés, cet accord met en danger la crédibilité de l'Europe en matière de droits de l'Homme, notamment au vu des répressions au Xinjiang (Ouïghours), au Tibet ou à Hong Kong.

Mais les instances européennes et de nombreuses capitales le défendent, jugeant qu'il n'est pas censé constituer une réponse aux questions de droits de l'homme et qu'il constitue une étape importante pour engager Pékin dans le respect des règles internationales du droit du travail.

A cet égard, la Belgique demande à la Commission européenne de faire rapport régulièrement sur la ratification et la mise en œuvre des conventions de l'Organisation internationale du Travail (OIT) par la Chine, et en particulier celles relatives à l'interdiction du travail forcé "qui reste une préoccupation de première ordre pour notre pays et ses entrepreneurs", a souligné Mme Wilmès.

Le processus de ratification de l'accord UE-Chine doit s'étaler jusqu'au début de l'année 2022.

* L'accord UE-Mercosur inquiète aussi

Lors de sa rencontre avec M. Dombrovskis, Sophie Wilmès a aussi insisté sur l'importance du développement durable et des préoccupations climatiques dans les accords commerciaux, et sur le caractère exécutoire et contraignant des dispositions qui en découlent.

C'est le cas du traité de libre-échange entre l'Union européenne et les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Uruguay et Paraguay). Mme Wilmès "soutient le renforcement des relations commerciales et politiques avec les pays du Mercosur, mais elle s'inquiète des conséquences de cet accord sur les efforts mondiaux en matière de développement durable et de lutte contre le réchauffement climatique".

Dernièrement, la Commission européenne a produit une étude concluant à l'effet positif des accords commerciaux lorsqu'ils sont cumulés entre eux, à quelques exceptions près comme le secteur de la viande dans l'accord Mercosur.

"Il existe une inquiétude légitime en Belgique concernant les effets cumulés sur notre secteur agricole de ces accord commerciaux", a déclaré Sophie Wilmès. "Il faut plus de clarté sur la répartition des quotas d'exportation. Les études d'incidence montrent que le secteur agricole est vulnérable et nos agriculteurs se demandent quelles éventuelles compensations l'Europe pourrait activer pour y pallier."