Une action syndicale, à l'initiative du syndicat chrétien flamand ACV Puls, visera ce vendredi les dépôts de l'enseigne de supermarchés Lidl afin de dénoncer l'importante charge de travail que subissent les travailleurs. Du côté du BBTK, pendant flamand du Setca, on n'exclut pas des actions dans les magasins-mêmes. La direction de l'entreprise regrette, elle, les actions qui seront menées ce vendredi. Ces appels interviennent alors que cela fait trois ans que Lidl n'avait plus été touché par un conflit social de cette ampleur sur cette question de la charge de travail.

Ce problème a cependant toujours été là et la crise du coronavirus l'a renforcé, dénonce en substance le responsable syndical de l'ACV Puls, Wouter Parmentier. D'une part, les gens vont plus souvent au supermarché, et d'autre part, de nombreuses règles ont été ajoutées, par exemple en ce qui concerne les masques buccaux ou le maintien d'une distance de sécurité.

Ce dernier souligne d'ailleurs les tensions que peut engendrer le non-respect des règles sanitaires par certains clients. Des faits de violence verbale, voire physique, ne sont pas rares, selon l'ACV.

Le personnel est fatigué et se sent abandonné, poursuit le syndicat qui veut donc bloquer l'accès aux dépôts ce vendredi, afin de perturber l'approvisionnement des magasins et, in fine, soulager quelque peu les travailleurs en magasins.

Dans tout le pays

Les dépôts visés sont, notamment, ceux de Saint-Nicolas et Genk en Flandre et de Courcelles en Wallonie. L'enseigne dispose également d'un centre logistique à Marche-en-Famenne. Une nouvelle concertation est prévue le 5 mai, indique encore le syndicat chrétien, qui se veut menaçant: sans avancée, "les actions seront étendues dans les semaines qui viennent".

Le syndicat socialiste Setca/BBTK est également mécontent. Un pamphlet circule pour mener également des actions vendredi. L'organisation y appellerait à "déposer le travail en signe de protestation, 1 minute, 1 heure, 1 jour". Tous les arrêts de travail seront couverts, assure-t-elle.

Le syndicat se donne cependant jusqu'à la concertation du 5 mai avant d'organiser des actions plus importantes.

De son côté, la direction de Lidl regrette les actions prévues vendredi alors qu'une rencontre avec les syndicats est prévue mercredi. Les conséquences de ces actions sur les magasins ne sont pas encore connues et dépendent de leur suivi par les travailleurs, indiquait jeudi soir la porte-parole de l'enseigne, Isabelle Colbrandt.