L'"ouverture" du gouvernement fédéral, qui a décidé d'autoriser les entreprises qui ont le mieux traversé la crise du coronavirus de verser une prime unique de 500 euros net maximum en 2021, "permet la reprise du dialogue social", estime l'Union des classes moyennes (UCM), qui siège au Groupe des 10. "La question de l'augmentation des salaires en 2021-2022 est ainsi réglée dans le respect des attentes de chacun. Il est temps de reprendre la concertation sociale", réagit dans un communiqué l'UCM, qui annonce qu'elle sera "aussi attentive à ce que cette prime corona soit octroyée sous forme de chèques échangeables dans des établissements de proximité, pour soutenir l'économie locale."

L'UCM salue en outre la décision du gouvernement "de laisser les partenaires sociaux discuter sereinement des principaux points à l'ordre du jour", à savoir la question des heures supplémentaires, celle des fins de carrière et l'épineux dossier du salaire minimum.

"La concertation peut et doit reprendre ses droits. Employeurs et syndicats ont la responsabilité de trouver, sur ces points liés à l'organisation du marché du travail, les meilleures solutions pour les entreprises et les salariés", conclut l'UCM.

Proposition "profondément négative"

De son côté, la FGTB estime la proposition du gouvernement liée à l'augmentation des salaires "profondément négative", à la suite d'une analyse effectuée jeudi matin par le bureau du syndicat socialiste. Après l'échec de la négociation entre partenaires sociaux, le gouvernement fédéral s'est mis d'accord pour permettre aux entreprises qui ont enregistré de bons résultats durant la crise sanitaire d'accorder à leurs travailleurs une prime exceptionnelle de maximum 500 euros nets en 2021.

"Sur la base du texte avancé, nous sommes loin d'avoir une ouverture pour octroyer une éventuelle prime par secteurs et non pas uniquement par entreprises", pointe Thierry Bodson, président de la FGTB. "Et si on n'adopte pas une approche sectorielle, tout le personnel de gardiennage, les femmes d'ouvrage... n'auront rien."

Le responsable syndical critique aussi ce qui est écrit à propos du salaire minimum dans la proposition gouvernementale.

Quant aux fins de carrière, "on n'est pas loin de la déclaration de guerre". "Le terme RCC/SWT, anciennement la prépension, n'est pas repris. Quand on sait que de nombreuses restructurations sont à craindre dans les mois à venir, c'est inacceptable."

Le syndicat socialiste attendait encore la position de la CSC avant de déterminer d'éventuelles actions en front commun, mais Thierry Bodson l'assure déjà: "il y aura réaction".