Ce matin vers 5 heures, un accord cadre a été dégagé sur les quatre grands dossiers du salaire minimum, des pensions complémentaires, des heures supplémentaires et des prépensions, en discussion depuis septembre 2020. Un événement qui a tout de suite suscité des réactions sur les réseaux sociaux, comme celle du bourgmestre de Charleroi Paul Magnette (PS) sur Twitter :

Un post qui a engendré de nombreuses réponses...

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Le président de Vooruit Conner Rousseau a également réagi : "Un travail solide de la part des partenaires sociaux : outre des salaires plus élevés pour tout le monde et une prime coronavirus de 500 euros, désormais également des salaires minimums plus élevés. Ensuite : ratification de cet accord par le gouvernement et franchissement d'un pas important vers 1 500 euros de retraite minimum".

On citera également le tweet du président de l'Open VLD Egbert Lachaert : "Il faut du temps pour analyser l'accord des partenaires sociaux, mais nous sommes d'ores et déjà satisfaits du respect du cadre d'âge SWT. Revenir en arrière ne serait certainement pas une bonne idée étant donné l'étroitesse du marché du travail et le signal que nous ne voulons pas pousser les quinquagénaires hors du marché du travail".

L'UCM satisfaite d'un accord "équilibré et bienvenu"

L'Union des classes moyennes a approuvé mardi à l'unanimité le projet d'accord social "équilibré et bienvenu" conclu durant la nuit entre les partenaires sociaux, indique-t-elle à la mi-journée. "Cet accord pérennise le modèle belge de concertation et comporte un engagement de paix sociale", commente l'organisation patronale. "Quant au contenu, il ménage les intérêts des uns et des autres." L'augmentation du salaire minimum se fera sans surcoût excessif pour les employeurs, grâce à l'intervention promise par le gouvernement, salue ainsi l'UCM. De plus, une comparaison sera faite avec le salaire minimum en Allemagne pour préserver la compétitivité. Moyennant quoi, le pouvoir d'achat pourra augmenter et soutenir la consommation, sans crainte d'effets négatifs sur l'emploi, ajoute l'Union des classes moyennes.

Cette dernière relève l'absence de coûts supplémentaires pour les employeurs concernés par l'harmonisation des pensions complémentaires entre ouvriers et employés, qui sera effective au 1er janvier 2030. Elle pointe aussi le peu de changements relatifs à l'accès à la prépension (RCC). "Il sera possible de passer à mi-temps à 55 ans au lieu de 57 ans, ce qui est de nature à favoriser le maintien au travail", espère l'organisation.

Enfin, l'UCM se réjouit de la flexibilité en termes d'heures supplémentaires. Pour cette année et 2022, le plafond de 120 heures sera porté à 240 pour l'ensemble des entreprises, sans limitation de secteur. Le nombre d'heures bénéficiant d'un régime fiscal préférentiel sera de 180 au lieu de 130, rappelle la fédération patronale, qualifiant la mesure d'"oxygène" pour les PME en cette période de relance.

C'est oui pour l'UBT (FGTB)

Le syndicat socialiste du Transport UBT (centrale de la FGTB) s'est déjà déclaré en faveur de l'accord auquel sont parvenus au bout de la nuit de lundi à mardi les partenaires sociaux du Groupe des 10. "Compte tenu du contexte économique actuel, cet accord est évalué positivement", indique-t-il dans un communiqué. Les syndicats ont deux semaines pour sonder leur base et instances et donner la position de l'organisation dans son ensemble. Pour l'UBT en tout cas, c'est oui. L'Union belge du Transport se réjouit d'une "avancée historique" en ce qui concerne les salaires minimums. "Le résultat de ces négociations est meilleur que ce que nous avons pu obtenir il y a 13 ans", soit la dernière fois qu'il a été augmenté, souligne le syndicat.

L'ensemble du projet d'accord ne remporte pas les faveurs de l'UBT, mais il s'agit "d'un compromis honorable", estime-t-elle. L'UBT ne soutiendra pas de nouvelles actions au niveau interprofessionnel, mais continue de plaider pour une révision fondamentale de la loi salariale de 1996.