L'économie allemande a fini l'année 2019 en stagnation, son produit intérieur brut étant étal au quatrième trimestre par rapport au trimestre précédent, toujours affecté par l'industrie, selon des données publiées vendredi par Destatis.

L'Office fédéral des statistiques a dans le même temps révisé à la hausse ses chiffres du troisième trimestre: le PIB a progressé de 0,2% au lieu de 0,1% annoncé initialement.

Le zéro affiché au dernier trimestre de l'an passé sonne lui comme un désaveu pour Destatis qui s'attendait mi-janvier à une "croissance modérée" sur cette période, tout en publiant une hausse modeste du PIB de 0,6% sur l'ensemble de 2019.

Les attentes des analystes sondés par Factset ont aussi été déjouées, puisqu'ils tablaient sur une progression de 0,1% entre octobre et décembre par rapport au 3e trimestre.

L'économie allemande se situe "toujours dans une phase faible", a commenté le ministère de l'Economie.

D'un côté l'industrie en récession depuis fin 2018 n'en finit pas de décevoir, Destatis notant des investissements en équipements "nettement inférieurs" en fin d'année par rapport à ceux du troisième trimestre, alors qu'ils ont continué à progresser dans la construction.

La production industrielle a en particulier plongé de 3,5% sur un mois en décembre, avec un nombre de jours de ponts qui a certes amplifié le recul affiché.

Les exportations ne jouent plus leur rôle moteur et ont légèrement diminué d'un trimestre à l'autre, ajoute Destatis.

D'un autre côté, les dépenses de consommation tant privées que publiques, devenues les premiers soutiens de l'économie, ont elles "perdu leur élan après un très fort 3e trimestre", note l'Office statistique, sur fond de marché de l'emploi en stagnation.

Le premier trimestre 2020 s'annonce par ailleurs compliqué avec les effets attendus de l'épidémie de Covid-19, qui risque d'exacerber et prolonger le ralentissement de l'industrie.

"Les performances de l'économie allemande au premier trimestre vont notamment dépendre de la manière dont le coronavirus affecte l'économie chinoise et les exportations allemandes vers la Chine", note Jörg Krämer, chef économiste de Commerzbank.

Un point sensible, car les exportations vers l'Empire du milieu représentent près de 3% du PIB allemand, rappelle la banque Oddo.

L'épidémie de Covid-19 va affecter une industrie allemande déjà mise à mal par les conflits commerciaux entre Washington et ses principaux partenaires et des facteurs plus spécifiques comme la mutation forcée à l'électrique chez les constructeurs automobiles.

Les perspectives de l'économie allemande pour 2020 "sont tout sauf bonnes", résume Jens-Oliver Niklasch, économiste chez LBBW. L'âge d'or sur le marché du travail n'en a peut-être plus pour longtemps et l'Allemagne a besoin d'un "nouveau modèle de croissance", ajoute-t-il.

Alors que l'épidémie commençait à se propager, le gouvernement allemand avait lui relevé fin janvier sa prévision de croissance à 1,1% pour 2020.