L'ancienne ministre conservatrice Hildegard Müller va prendre début février la tête de la puissante fédération allemande de l'automobile VDA, nouvelle illustration de l'étroite imbrication entre ce secteur et le monde politique allemand.

Elle a été "élue à l'unanimité" par le directoire de l'organisation réunissant quelque 600 entreprises de ce fleuron économique du pays, incluant les géants Volkswagen, BMW et Daimler ainsi que les deux premiers équipementiers mondiaux Bosch et Continental.

Mme Müller, jusqu'en octobre directrice des infrastructures chez le fournisseur d'énergie Innogy après avoir été de 2005 à 2008 ministre auprès de la chancellerie lors du premier mandat d'Angela Merkel, sera la deuxième femme à la tête de la VDA et la première depuis 1996.

Elle succède à Bernhard Mattes, qui a annoncé son départ dans la foulée du salon de l'automobile de Francfort début septembre, et représentera le secteur automobile allemand, dont l'image demeure affectée par le scandale des moteurs diesel truqués qui a éclaté en 2015.

Un secteur mal préparé à la transition écologique

Les annonces de restructurations et de suppressions d'emplois se multiplient ces derniers mois dans le secteur, apparaissant mal préparé à la très coûteuse transition vers la voiture électrique, qui fait fondre les bénéfices.

Cette pression s'ajoute au ralentissement conjoncturel mondial et la baisse marquée du marché chinois, au moment où la place de la voiture personnelle dans les villes est de plus en plus remise en question face au dérèglement climatique.

Les principaux constructeurs et équipementiers ont annoncé ces derniers mois quelque 40.000 suppressions d'emplois pour financer la transition et réagir à la baisse de la popularité du diesel.

"D'énormes bouleversements"

"En raison du numérique, des évolutions dans les comportements de déplacement et surtout du grand défi de la protection du climat, la branche fait face à d'énormes bouleversements", a expliqué Mme Müller, cité dans un communiqué.

"Il faut de la force pour affronter les évolutions et du courage pour innover, deux choses dont l'industrie automobile a fait preuve par le passé", a-t-elle ajouté.

L'ancien vice-chancelier social-démocrate allemand Sigmar Gabriel avait auparavant été cité pour ce poste éminemment politique, dont l'influence sur le gouvernement allemand est régulièrement critiquée.

Le secteur représente en Allemagne un cinquième de l'industrie, près de 5% du PIB et plus de 800.000 emplois directs.