Sous-financement, conditions de travail pénibles, salaires bas, fin de carrières difficiles... les problèmes sont structurels et ont été exacerbés par la crise du coronavirus.

Les travailleurs demandent une reconnaissance et une prise en compte de leur importance en temps de pandémie, ainsi que la vaccination rapide du personnel en contact direct avec de jeunes enfants.

Les syndicats ont aussi des inquiétudes quant à l'avenir de la réforme des milieux d'accueil (crèches et accueillantes à domicile) votée par la précédente majorité. La négociation du contrat de gestion de l'ONE (Office de la naissance et de l'enfance) pour la période 2021-2025 est également vue comme une menace.

Les représentants du secteur demandent, en outre, un véritable Accord Social Non-Marchand doté d'un budget réaliste de quelque 120 millions d'euros sur quatre ans pour revaloriser le personnel.

Les organisations syndicales avaient introduit un préavis de grève vendredi dernier. Ce jour-là, une concertation avec la ministre de l'Enfance Bénédicte Linard (Ecolo) avait permis de faire entendre leur colère, mais pas de dégager des solutions concrètes.

Aides prolongées jusqu'à la fin juin

La ministre assure aujourd'hui "entendre la colère et les craintes" du personnel d'accueil de l'enfance. Elle reconnait qu'il souffre de "fragilités" structurelles : professions souvent féminines, peu valorisées, "parfois précaires". 

Mais le gouvernement de Fédération Wallonie-Bruxelles agit et compte bien continuer de le faire, promet la ministre dans une réaction à Belga: vendredi dernier, il "a répondu aux demandes exprimées par le secteur" pour le court terme, "à savoir: garder les crèches ouvertes, obtenir des aides financières et être prioritaires pour la vaccination". 

Les aides corona spécifiques aux milieux d'accueil ont été prolongées jusque fin juin, et le gouvernement francophone a promis d'appuyer la demande de priorité dans la vaccination. Sur le moyen et long terme, la réforme des milieux d'accueil de la petite enfance ("réforme MILAC") a pour objectif "d'améliorer la qualité et l'accessibilité de l'accueil pour tous les enfants", rappelle la ministre, qui parle d'augmentation importante et progressive des moyens. Elle voit aussi le futur contrat de gestion de l'ONE, qui devrait être conclu "prochainement", comme une occasion de renforcer structurellement le secteur de l'enfance.