Christine Lagarde entamera lundi soir sa première semaine en tant que patronne de la Banque centrale européenne avec un discours attendu à Berlin, où elle fera face à un public allemand très critique ces derniers temps à l'égard de la politique de l'argent facile pratiquée par l'institution.

La Française a pris lundi ses quartiers dans "l'imposant immeuble" de verre et d'acier aux 41 étages, selon ses premières impressions livrées à la presse qui était conviée à son arrivée à 08H00 GMT.

Elle s'envolera dans l'après-midi vers Berlin, où elle prononcera dans la soirée un éloge de son "ami Wolfgang Schäuble", a-t-elle déclaré. L'ancien ministre allemand des Finances, aujourd'hui président de la chambre basse du Parlement (Bundestag), se verra remettre lundi un prix par des éditeurs de la presse allemande.

Interrogée sur son point de vue concernant l'équilibre budgétaire ("Schwarze Null") défendu bec et ongle par M. Schäuble et repris par son successeur, Christine Lagarde a répliqué avec le sourire: "nous parlons toujours du sujet, mais en privé".

Avant d'endosser officiellement ses habits de première gardienne de l'euro, la Française avait envoyé mercredi dernier au micro de RTL un message fort à l'Allemagne et à d'autres pays en excédent budgétaire qui "n'ont pas vraiment fait les efforts nécessaires" pour consolider une croissance fragile, pendant que les Banques centrales "ont fait leur boulot".

Un message qu'elle pourra renouveler jeudi dans le cadre feutré de l'Eurogroupe réunissant les ministres des Finances de la zone euro, où elle se rendra en compagnie de Benoît Coeuré, l'autre Français au directoire de la BCE.

Sa journée de lundi sera d'abord consacrée à "dire bonjour à tout le monde", notamment lors d'une réunion avec le personnel prévue à 10H00 GMT. Elle va aussi chercher à "comprendre la dynamique de l'institution" lors de ses premiers pas, a-t-elle encore déclaré.

Mme Lagarde imprime d'emblée son style, quand son prédécesseur, Mario Draghi, évitait de s'entretenir spontanément avec la presse.

Et offensive de charme oblige dans le pays hôte de la BCE, elle a salué lundi la presse d'un "comment allez-vous?" prononcé en allemand ("Wie geht es Ihnen?"), tandis qu'elle va prendre des cours dans la langue de Goethe.