Le texte est actuellement discuté au Sénat, embourbé dans de longues discussions. Les démocrates espèrent que cette enveloppe de près de 1.900 milliards de dollars y soit adoptée ce week-end, avant un vote final à la Chambre des représentants.

Ce plan "est absolument essentiel pour renverser la situation, ramener les enfants à l'école en toute sécurité, offrir une bouée de sauvetage aux petites entreprises et prendre le dessus sur le Covid-19", a insisté Joe Biden.

En février, 379.000 emplois ont été créés, près de trois fois plus qu'en janvier, avait annoncé dans la matinée le département du Travail.

"A ce rythme, il faudra deux ans pour revenir dans les clous" et retrouver le niveau de février 2020, a averti le président américain.

Les bars et restaurants, qui souffrent particulièrement depuis le début de la crise, sont ceux qui ont le plus embauché le mois dernier. L'interdiction de servir en salle a en effet été assouplie dans certaines régions.

Les autres activités liées aux loisirs et à l'hébergement, ainsi que dans les services de santé, la vente au détail, l'industrie manufacturière, ont également créé de nouveaux postes.

Et les entreprises du pays se mettent surtout en ordre de bataille pour le mini boom économique annoncé.

Dès le printemps, la consommation devrait en effet bondir, portée par les vaccinations menées tambour battant, et par les aides publiques distribuées depuis le début de la crise qui, couplées aux dépenses en baisse, ont rempli les comptes en banque des Américains, notamment des plus aisés.

 Plan de relance embourbé au Sénat 

Selon Joe Biden, les bons chiffres des créations d'emplois sont certainement dues au plan de relance de 900 milliards de dollars qui avait été adopté fin décembre et signé par son prédécesseur Donald Trump.

Et sans nouvelles aides, tout cela "va ralentir", a-t-il prévenu, "on ne peut pas faire un pas en avant et deux pas en arrière".

"La réouverture des services sera l'élément dominant pour l'emploi au cours des prochains mois", analyse Ian Shepherdson, économiste pour Pantheon Macroeconomics, qui table sur 1 million d'emplois créés en mars.

Mais il faudra encore du temps pour retrouver le niveau d'avant la pandémie puisqu'il manque encore 9,5 millions d'emplois. La crise en a détruit 22 millions. Et 18 millions d'Américains touchent toujours une allocation, après avoir perdu leur emploi ou vu leurs revenus plonger.

Le retour au plein emploi en 2021 est "tout à fait improbable", avait également averti jeudi le président de la Banque centrale américaine (Fed), Jerome Powell.

Inégalités persistantes 

Le taux de chômage en revanche ne recule que très légèrement à 6,2% après 6,3% en janvier. Il était attendu stable.

L'apparente contradiction entre de fortes créations d'emploi et un taux de chômage quasi-stable s'explique en partie par certaines difficultés à recruter, les chômeurs n'étant pas prêts pour un retour au travail dans n'importe quelles conditions.

C'est aussi lié au fait que le nombre de chômeurs se vide d'un côté, grâce à tous ceux qui retrouvent un emploi, mais se remplit de l'autre, avec ceux qui se remettent à chercher du travail alors qu'ils avaient abandonné, par choix ou par obligation.

Et, ce début de reprise n'a pas profité à l'ensemble de la population, puisque les travailleurs noirs sont les seuls à avoir vu leur taux de chômage augmenter, de 9,2% à 9,9%.

Ainsi, le taux de participation des Américains au marché de l'emploi est stable par rapport à janvier, à 61,4%, "près de son plus bas niveau depuis les années 1970", observent Gregory Daco et Lydia Boussour, analystes pour Oxford Economics.

Et "si l'on tient compte des personnes qui ont quitté la population active (...) et des erreurs de classification persistantes, le taux de chômage reste autour de 9,3%", ajoutent-ils.

Ils s'attendent cependant à ce que 7 millions d'emplois soient créés en 2021, avec un chômage inférieur à 5% d'ici la fin de l'année.