La City se vide. Depuis le début du Brexit - et alors que la fin de la période de transition approche - plus de 7.500 emplois dans le secteur des services financiers et quelque 1.320 milliards d'euros d'actifs ont été déplacés du Royaume-Uni vers l'Union européenne, rapporte le géant de l'audit EY dans un document publié ce jeudi.

Le cabinet, qui fait partie du fameux big four avec Deloitte, KPMG, PwC, souligne par ailleurs que, rien que pour le mois de septembre, prêt de 400 délocalisations ont été annoncées. Et d'autres devraient encore suivre, avertit EY qui rappelle que les principaux bénéficiaires de ces mouvements sont Dublin, le Luxembourg et Francfort.

Craignant la perte du passeport leur permettant de faire des affaires avec l'UE qu'impliquerait le fait de rester de l'autre côté de la Manche, de nombreuses entreprises ont décidé de renforcer leur présence à l'intérieur de l'Union. Le 23 septembre dernier encore, la banque JPMorgan annonçait le transfert de 200 milliards d'euros d'actifs vers sa filiale de Francfort, soit un peu moins de 10% du total de son bilan financier. La semaine d'avant, cette même banque prévoyait le déménagement de 200 des employés de sa filiale londonienne vers Paris, Francfort, Milan et Madrid. Goldman Sachs devrait lui emboîter le pas et envoyer prochainement, elle aussi, une centaine d'employés supplémentaires en Europe. 

Si le rapport de EY révèle que 24 entreprises financières ont déclaré transférer des actifs hors du Royaume-Uni à cause des incertitudes qui planent sur le futur des relations entre Bruxelles et Londres, l'exode n'est pas aussi massif que certains ne le pensaient. En effet, indique l'agence Bloomberg, le groupe de réflexion Bruegel misait, en 2018, sur une perte de 10.000 emplois dans le secteur bancaire et 20.000 postes dans le secteur des services financiers. Bien en deçà des chiffres qu'avançait l'ancien patron de la Bourse de Londres, Xavier Rolet, pour qui plus de 230.000 potentiels emplois pourraient être perdus pour le Royaume-Uni.