Un Brexit sans accord entraînerait une explosion du déficit public du Royaume-Uni et propulserait la dette à plus de 90% du PIB pour la première fois depuis les années 1960, prévient mardi le centre de réflexion Institute for Fiscal Studies (IFS). 

Une sortie de l'Union européenne sans filet, scénario du pire pour les milieux d'affaires, n'est pas exclue par le gouvernement britannique alors que la date prévue du 31 octobre approche à grand pas et qu'aucun compromis n'a encore été validé. Elle entraînerait un plongeon de l'activité économique et donc une chute des recettes fiscales.

Dans le même temps, selon l'IFS, les pouvoirs publics seraient dans l'obligation de mettre en place un plan de relance budgétaire pour soutenir l'économie, ce qui grèverait un peu plus les comptes publics. Dans ce scénario, la dette grimperait à plus de 90% du produit intérieur brut (PIB), un niveau que n'a plus connu le Royaume-Uni depuis le milieu des années 1960. Elle était tombée à 80,9% en août.

Concernant le déficit, l'IFS s'attend à ce qu'il dépasse les 50 milliards de livres l'an prochain, soit 2,3% du PIB, alors qu'il était revenu à 1,2% pour l'exercice 2018-2019, au plus bas depuis 17 ans. Mais, en cas de "no deal", il pourrait approcher "100 milliards de livres, soit 4% de la richesse nationale", souligne-t-il.

L'IFS, institut qui fait référence dans le pays sur les questions budgétaires, relève que, sans attendre le Brexit, le gouvernement s'apprête à enterrer les règles budgétaires qu'il s'est fixées, à savoir de maintenir le déficit public sous 2% et de retrouver l'équilibre au milieu des années 2020.

Le ministre des Finances conservateur Sajid Javid, qui doit présenter bientôt son premier budget, veut en effet utiliser la marge de manoeuvre budgétaire dont dispose le pays pour annoncer des milliards de livres de dépenses dans les services publics afin de stimuler l'économie.

Ce qui n'est pas du goût de l'IFS: "compte tenu du niveau extraordinaire d'incertitudes et de risques pesant sur l'économie et les finances publiques, il n'est pas possible d'offrir des cadeaux fiscaux" et, en cas de Brexit sans accord, une relance budgétaire ne devrait être que "temporaire", prévient Paul Johnson, son directeur.

Le gouvernement assure de son côté qu'il est prêt pour un Brexit sans accord et envisage des mesures exceptionnelles comme la suppression des droits de douane sur ses importations pendant un an, afin de limiter les hausses de prix pour les consommateurs.