Conjoncture

Le superviseur bancaire allemand Bafin a reçu plus de 45 demandes d'établissements étrangers en vue d'une présence en Allemagne, à l'heure où le Brexit est dans sa dernière ligne droite, a indiqué mardi son président.

"Plus de 45 institutions financières veulent s'établir ou renforcer considérablement leur présence en Allemagne", a déclaré Felix Hufeld, patron de la Bafin, devant la presse à Francfort.

Selon lui, cette forte demande atteste "en toute modestie" de la "confiance" de ces établissements dans le travail de BaFin, qui s'active depuis début 2017 pour aider les acteurs internationaux intéressés par une implantation en Allemagne.

Le gendarme allemand des marchés n'a pas livré mardi plus de détails sur la nature de ces implantations, mais "comme cela a déjà souvent été dit, nous n'acceptons pas de société boîtes à lettre", a expliqué M. Hufeld.

Un établissement peut demander plusieurs licences en même temps, par exemple pour sa banque d'investissement ou des activités classiques de banque de détail.

L'engouement des banques pour l'Allemagne, en particulier pour la métropole au bord du Main, semble se vérifier, alors que début novembre 2018, Volker Bouffier, président de la région de Hesse, assurait que près de 25 banques avaient choisi d'installer des capacités à Francfort depuis le vote du Brexit et que "bien d'autres" allaient suivre.

Alors que se profile la menace d'un Brexit "dur", les places financières européennes sont en concurrence depuis bientôt deux ans pour attirer les banques désireuses de quitter Londres.

En compétition notamment avec Paris ou Milan, Francfort a déjà revendiqué des ralliements de banques de banques américaines, japonaises, britanniques, suisses, indiennes voire taïwanaises et coréennes.

La métropole allemande a des atouts puisqu'elle est la capitale financière de la première économie européenne et le siège de la Banque centrale européenne.

La place financière allemande a toutefois mal digéré le fait que Paris a été choisie fin novembre pour accueillir l'Autorité bancaire européenne (ABE), qui doit aussi déménager de Londres.