Si les aéroports manquent aux voyageurs, l'inverse est vrai aussi. "L'aéroport est vide, ce n'est vraiment pas gai à voir", déplore Nathalie Pierard, porte-parole de Brussels Airport. "Ce vendredi, nous avons accueilli un total de 7 000 voyageurs. En temps normal, on tourne plutôt aux alentours de 70 000. On aimerait accueillir à nouveau des passagers."

Une situation délicate que l'aéroport espère bientôt voir s'améliorer. Une première bouffée d'oxygène pourrait arriver lors du comité de concertation. "On ne s'attend pas à une levée immédiate dans les prochains jours", sourit la porte-parole. "Mais nous avons besoin d'une date de reprise, et il y a beaucoup d'espoirs pour le mois d'avril."

A l'instar des compagnies aériennes, Brussels Airport croise les doigts pour les vacances de Pâques. "Ne fut-ce qu'une situation similaire aux vacances de Noël. Les voyages non essentiels étaient possibles et encadrés. Nous avions aux alentours de 15 000 passagers par jour, soit le double de maintenant."

Une uniformité à l'échelle européenne

Elle rappelle que c'est un tout un pan de l'économie qui souffre depuis plus d'un an, et les premiers vols annulés à destination de la Chine. "C'est tout le secteur qui a vraiment besoin de perspectives. Pas seulement l'aéroport, mais aussi les compagnies aériennes, les bagagistes, etc."

En cas de reprise, l'aéroport est toutefois prêt. "Tant qu'il n'y a pas de vaccin pour tout le monde, le testing est inévitable et nous en sommes conscients. L'aéroport dispose de ses propres centres de testing au sein de ses installations pour les voyageurs qui ont besoin d'un test négatif."

Mais outre les normes belges, Brussels Airport espère surtout une uniformité des mesures à l'échelle européenne. "C'est bien beau de pouvoir partir, mais il faut également que les pays étrangers puissent nous accepter"

Pas de retour à la normale avant 2024

Quoi qu'il en soit, l'aéroport bruxellois préfère ne pas tirer de plans sur la comète pour le moment. "Il y a vraiment beaucoup d'inconnues. Car même si les voyages sont à nouveau autorisés, à quelles restrictions seront-ils soumis ? Encore une fois, c'est vraiment de perspectives dont le secteur a besoin. Nous ne nous attendons de toute façon pas à un retour à la normale (du niveau de 2019, ndlr), avant 2024", ajoute la porte-parole.

Si les vacances de Pâques peuvent représenter un premier tremplin, pas questions toutefois de s'enflammer inutilement. "Nous avions beaucoup d'attentes vendredi dernier, donc on préfère ne pas trop s'emballer. Nous avons compris que le secteur n'était pas une priorité", ironise Nathalie Pierard.